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Alerte : Expulsion vers le Soudan depuis Marseille

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A peine arrivé à la gare Saint Charles, Ahmed Ali a été arrêté et placé en rétention. Son expulsion vers le Soudan est programmée ce mercredi 22 mars. Al Manba appelle à une action anti-expulsion (RDV 8h du matin devant la gare Saint Charles) et dénonce la reprise et les tentatives de banalisation des expulsions vers le régime d’Omar Al Bachir. L’Europe, dont la France et l’Italie, vient de signer d’importants accords de coopération avec la dictature, en vue de sous-traiter ses politiques anti-migratoires.

Communiqué

DEMAIN MERCREDI à 8H (matin)
Appel à mobilisation devant la GARE SAINT CHARLES de Marseille
CONTRE L’EXPULSION DE AHMED ALI vers le Soudan !

2ème rendez-vous 9H à l’aéroport de Marignane/MP1

Covoiturages organisés depuis la gare + venez avec vos voitures pour ceux qui en ont.

Ahmed Ali a été arrêté fin du mois dernier à son arrivée à la gare Saint Charles et placé en rétention en vue de son expulsion. Sa demande d’asile a été traitée de manière expéditive depuis le centre et il s’est déjà opposé à une première tentative d’expulsion vers le Soudan. Une 2nde tentative a lieu ce mercredi.
Plusieurs personnes viennent d’être expulsées vers le Soudan depuis Calais…
mais c’est une première (connue) depuis Marseille !

On dénonce la reprise et les tentatives de banalisation des expulsions vers le Soudan depuis la signature des accords de coopération avec le dictateur al Bachir à l’automne dernier. Depuis ces accords, l’Europe des frontières marche à nouveau main dans la main avec l’une des plus impitoyables dictatures du moment, alors même que la France a été condamnée par la CEDH deux ans plus tôt pour des tentatives d’expulsions similaires.
On sait que le Soudan arrête, torture et fait systématiquement disparaître dans ses geôles les personnes expulsées d’Europe. Ne laissons pas Ahmed Ali seul face à ses tortionnaires !

Merci de faire tourner dans tes réseaux ! A mercredi !

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ALERTE : EXPULSION AU SOUDAN LE 22 MARS 2017

Depuis le 13 février 2017, Ahmad Mohammad Ali Ahmad, réfugié de nationalité soudanaise est détenu au Centre de rétention administrative (CRA) de Marseille. Il fut interpellé à la gare Saint Charles, à peine quelques heures après son arrivée en France où il attendait un train pour Paris où il se rendait pour demander l’Asile auprès de proches déjà réfugiés. Les policiers qui l’interpellent lui refusent son droit de demander l’Asile en France - et ce, contre la législation nationale - et l’emmènent au centre de rétention administrative du Canet où il est détenu depuis maintenant trente huit jours.

LES AUTORITÉS FRANÇAISES SE MOBILISENT POUR ORGANISER SON EXPULSION. ELLES ONT POUR CELA LE SOUTIEN TOTAL DES AUTORITÉS SOUDANAISES QUI ONT DÉLIVRÉ UN LAISSER-PASSER CONSULAIRE .

Ahmad a résisté à sa première expulsion programmée la semaine passée. Sa détention a été prolongée pour permettre une nouvelle tentative d’expulsion dans un prochain avion prévu dans la semaine du 20 Mars. Il a déposé une demande d’Asile dans le CRA - qui a été réfusée par l’OFPRA (dont les taux déjà exhorbitants de refus sont aggravés en rétention). Il a fait appel à la décision auprès de la Cour nationale du Droit d’Asile (CNDA) mais cet appel n’est pas suspensif, et il peut être déporté à tout moment. Et il est possible qu’une fois expulsé la CNDA lui accorde le statut de réfugié. Trop tard. Tant pis ?

Issu d’une minorité persécutée par l’Etat de Khartoum, Ahmad Ali risque la mort si il est remis entre les mains des autorités de cet Etat. Mais le préfet, ses hiérarchiques inférieurs et supérieurs, l’Etat, les agents et les juges, n’y voyent pas d’inconvéniant. « Pas de grief » dans le jargon judiciaire. Au tribunal, le regard « professionnel » de la préfecture balaye les recours, « détermine » en cinq secondes, sans aucune connaissance d’Ahmad, sans aucune légitimité de parole, d’ailleurs, Monsieur est un migrant économique. Et ça suffit à la Justice française. Les doutes comme les consciences sont vite évacués par le désormais classique : monsieur est un migrant économique. Comment ? Pourquoi ? Ca se voit.
La Justice tranche : « ça se voit ».
On entend en audience : Tout va bien au Soudan, le problème c’est le Darfour, il y a deux Soudans, on est un pays civilisé, quand même, il faut pas se méprendre, on renvoie dans des pays sûrs. « Le Soudan est un pays sûr ». On renvoie à Khartoum, pas au Darfour.

Rappelons que le Soudan est un pays en guerre et une dictature où les opposants et les personnes expulsées depuis l’Europe sont systématiquement torturés et disparaissent dans les geôles du régime. Le gouverneur de l’Etat dit de Khartoum, Omar Al-Bashir est poursuivi par la Cour Pénale Internationale pour crimes contre l’humanité, génocide et crimes de guerre. La France a été condamnée à plusieurs reprises par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour ses expulsions vers la Corne d’Afrique, mais elles semblent avoir repris de plus belle depuis l’expulsion du campement de Calais. Aujourd’hui, les proches des personnes expulsées, en Europe comme au Soudan restent sans nouvelles.

Si Ahmad a dû quitter le Soudan, c’est en raison de persécutions de ce même Etat de Khartoum qui, bien sûr, va le « réadmettre », comme il réadmet tous les opposants au régime qui lui sont présentés par la France. Pour la prison, la torture, l’execution.
Un ami érythréen nous dit - ils feraient mieux de nous tuer ici, directement, que nous renvoyer là-bas. Surpris, on demande pourquoi, il répond, Là-bas, la mort, c’est certain. Si ils les tuaient ici, au moins, les familles, elles sauraient ce qui est arrivé, elles pourraient retrouver le corps, faire le deuil. Là-bas, tu ne sauras jamais comment ...

La reprise des expulsions vers le Soudan comme l’Afghanistan ne sont pas anodines - elles s’inscrivent dans un contexte de delégitimation croissante des demandeurs d’asile et du refus croissant de leur accorder la protection asilaire. Or, afghans et soudanais composent les deux communautés nationales qui demandent le plus l’Asile en France. D’où l’intérêt de lever le tabou au sujet de leur déportation.

Une fois de plus, c’est sous notre nez, dans les rides de notre ville, ici, nulle part et pourtant un noeud du monde mondialisé, un noeud de la violence institutionnelle, administrative et banale, noeud de l’infinie et indicible violence nationale, 18 boulevard des peintures, le CRA du Canet à cinq minutes du métro Bougainville, Marseille, quatorzième arrondissement. C’est à l’aéroport de Marignane, d’où d’autres partent en vacances que certains sont expédiés à la mort.
Une fois de plus c’est dans notre nom, dans le nom de notre silence, le nom de celles et ceux qui sont identifiés françaises et français, de celles et ceux qui sont identifiés « légaux » et « légales », qui se taisent qui ne voyent pas ou qui refusent de voir.

Si Ahmad refuse sa seconde tentative expulsion, il sera jugé pour « refus d’obtempérer à une décision de justice ». Et condamné à la prison. Après la prison, retour au CRA, retour à l’expulsion. Si Ahmad accepte sa seconde expulsion, il va être remis aux autorités soudanaises, qu’il a fui. Il va être remis à la mort. Si la Police aux Frontières souhaite s’acharner, ils ligoteront Ahmad à une chaise, et le transporteront de force, baîlloné, dans l’avion.

On dirait qu’il n’y a pas d’alternative. Il y a une alternative. Il y a que nous, habitants autorisés de ces espaces, nous qui avons le droit de circuler, librement, nous qui avons le droit de parler, librement, nous qui pouvons nous déplacer et nous unir, nous prononcer et nous opposer, nous sortons du silence, nous sortons du vide, de l’inertie. Nous sortons de nos individualismes, de nos routines, de nos permissions, nous sortons pour exiger que cette Liberté ne soit pas une circonscription nationale, qu’elle ne soit pas étouffée aux mains de la police, que nous exigeons qu’il y ait un terme, que ça va trop loin, que c’est allé trop loin, que ce n’est pas possible que l’Etat dans lequel nous vivons déporte en silence des personnes vers la mort. Mine de rien. Ce n’est pas rien. C’est immense.

Il y a d’alternative que nous nous mobilisons et qu’ensemble, nous trouvons une dignité à refuser les politiques racistes et mortifères, à refuser la ségrégation des libertés, l’enfermement, la déportation et la disparaîtion des personnes depuis nos villes et nos campagnes,
Que nous nous opposons aux politiques de déportation, que nous exigeons de se rendre à l’évidence :

PERSONNE N’EST ILLEGAL !

LIBERTÉ POUR AHMAD !

Collectif Soutien Migrants 13 / AL Manba, Marseille, le 21 Mars 2017
contact : soutienmigrantes13@riseup.net

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