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L’usage de la violence encourage-t-il vraiment la répression ?

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On entend souvent dire que c’est la violence des "casseurs" qui serait à la source des innombrables violences policières que subissent les mouvements sociaux ? Mais ce constat tient-il vraiment debout ?

Le nombre de personnes affirmant aujourd’hui que l’usage de la violence dans les manifestations serait à la source de la répression est assez terrifiant. Le principal acteur qui propage cette idée est évidemment la télévision (et tout les médias dominants dans l’ensemble) mais ce genre de discours est également tenu par la plupart des organisations syndicales, qui n’hésitent pas à se désolidariser voire à s’en prendre aux pratiquant-e-s de la méthode Black Bloc ou à tout-e-s celleux qui usent de la violence en manif. Il est même assez triste de voir que ce discours est aussi tenu par des militant-e-s adeptes de ces pratiques, qui se persuadent donc que ce sont leurs actes qui engendrent les violences policières...

Mais prenons un peu de recul pour voir ce qu’il en est vraiment.

La première idée à démonter est probablement celle qui affirme qu’une action pacifiste n’inclue aucune répression. C’est faux, la non-violence reste le meilleur moyen de se faire taper dessus. C’est ce qu’on peut observer lorsque des groupes de manifestant-e-s se font nasser et tabasser avant même de rejoindre le cortège comme le 12 septembre à Lyon.

Ensuite, est-ce qu’une manifestation où la violence est utilisée va être systématiquement réprimée par la police ? Eh bien non. Quand des cathos d’extrême droite s’en prennent à des antifas et à une librairie anar, (malgré une interdiction de manifester) la police n’est pas la pour faire un barrage pour les gazer, les bloquer et les enfermer.

Enfin n’inversons pas les rapports de force. La présence d’un barrage de flic pour nous empêcher de passer, les interdictions de manifester, les percées dans les cortèges, les infiltrations de la BAC, les gazages systématiques et j’en passe ; c’est ça la première des violences. Bien plus que le fait de balancer des pavés sur des vitrines (R.I.P.) et des keufs.

Pas bien difficile alors d’en déduire que ce qui fait vraiment chier l’État, ce qui provoque la violence policière, c’est sans doute bien plus les idées que les actes. Quoi qu’en disent les journalistes vendu-e-s qui cherchent à nous limiter à ce que nous faisons, c’est bien nos ambitions, nos pensées et nos projets de changements radicaux de la société qui sont attaqué-e-s.

D’ailleurs, des Blacks Bloc non-violents ont subi des arrestation de masse, car le fait de manifester de cette façon est porteur d’un message profondément radical, révolutionnaire et libertaire qui est inconcevable pour l’État.

Notre violence est légitime. S’il nous est permis (et même indispensable à mes yeux) de la questionner, ne tombons pas dans les glissements de pensées que les capitalistes veulent nous imposer.

S’il est nécessaire de respecter les modes d’actions de chacun-e, gardons en tête que sans les saboteu-ses-rs (terme plus approprié que « casseur »), bien des mouvements sociaux se seraient essoufflés en quelques semaines.

Alors le 21, et pour toutes les autres manifs, continuons de recruter des fainéant-e-s, des réveur-se-s, des saboteu-ses-rs, et déferlons sur les flics et les symboles du capitalisme et de toutes les autres formes d’oppressions !

Qu’est-ce qu’on attend pour fouttre le feu ?!

« Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés. La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première. La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres. Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. » - Hélder Câmara​

P.-S.

Une grande partie de cette analyse est due au travail effectué par Francis Dupuis-Déri dans son ouvrage : "A qui la rue ?" que je vous recommande chaudement.


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