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12 mai : La CGT attaque et gaze les manifestant-e-s en fin de cortège

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Si nous sommes du côté de ceux qui niquent la BAC, il semblerait que la CGT (ou au moins son service d’ordre et son secrétaire) fassent partie de ceux qui s’en inspirent pour gazer et attaquer les manifestant-e-s, à Marseille comme à Paris. Retour sur la manifestation du 12 mai et sur cette police syndicale qui n’hésite pas à sortir les battes de base-ball contre les autres manifestant-e-s.

Tout avait pourtant commencé tranquillement. Rendez-vous était donné à 11h30 au Manège, place de Gaulle, comme d’habitude, pour le premier cortège après l’annonce de l’utilisation de l’article 49.3 par le gouvernement. Enfin, le premier si on fait abstraction de la manifestation sauvage qui a eu lieu le soir même suite à la prise en nasse policière d’une assemblée de 13 en Lutte (chose qui s’est reproduite le lendemain).

Le dispositif policier était énorme, mais ça, on en doutait pas. D’une parce qu’ils sont toujours vexés d’avoir été mis à l’amende le 28 avril lors de l’occupation de la gare, et de deux parce que les directives nationales vont dans ce sens en ces moments de grande tension post-49.3 et après des mois de mouvement. Aussi la BAC fouillait-elle fréquemment des gens aux alentours du rassemblement, avant même que celui-ci ne commence, des fourgons de CRS étaient placés dans toutes les rues alentours, notamment devant le Medef, et ainsi de suite.
Au moment du départ, comme d’habitude, le cortège jeunes énervé-e-s se met en tête de cortège, devant le SO de la CGT, qui a pour l’occasion de nouveau ramené les cordes. Peu de choses à dire sur le déroulé de la manifestation, le parcours est assez classique : Canebière, Lieutaud jusqu’à Castellane.

La CGT tente d’isoler le cortège de tête

Ce qui change un peu, c’est l’attitude de la manifestation après le cortège de tête, à savoir à partir de la CGT. Lorsque le cortège jeune et autonome avance (tout en attendant régulièrement le reste de la manif pour rester ensemble), la CGT s’arrête, plusieurs fois, isolant de fait la tête.
Si ça n’avait pas énormément d’enjeu au début, cette attitude du SO de la CGT a été flagrante au moment d’arriver au croisement du boulevard Baille et du cours Lieutaud. En effet, à gauche (sur Baille), là où il était devenu rituel de tourner en fin de cortège officiel pour partir en manif sauvage vers d’autres objectifs, un mur de policier était déjà présent. Et en se retournant, surprise ! La CGT s’est une nouvelle fois complètement arrêtée, bien à distance, laissant les gens de la tête aux prises avec la police, isolé-e-s.
Rappelons que l’organisation syndicale avait été invitée à la Préfecture pour y organiser conjointement avec la police le « service d’ordre » de la manifestation. Ils ne pouvaient donc pas ne pas être au fait de cette présence policière. De fait, le choix de laisser s’engager seul le cortège de tête sur le boulevard les place déjà dans le camp de la police. Mais le meilleur est à venir.

Fort heureusement, rien de grave ne se passe sur le croisement, et le reste de la manifestation finit par rejoindre la tête. Avec un SO qui avance au cri de « allez, bougez de là » alors qu’ils venaient d’abandonner les gens. Là, beaucoup de gens leur disent ce qu’ils pensent de l’attitude de merde du SO de la CGT.

Une fois arrivé-e-s sur la Place Castellane, les militant-e-s syndicaux replient pour la plupart leurs drapeaux et s’en vont, alors que la rue de Rome est totalement bouchée par les fourgons de flics, de même que le boulevard Baille et la rue Maurel qui remonte en face, où la police protège le local du Front National. Tout semble se disperser petit à petit, lorsque le camion de la CGT (suivi par celui de Solidaires, quand bien même ces derniers n’ont rien à voir avec les événements à venir) repart en empruntant cette même rue Maurel, laissant de nouveau le cortège jeune seul sur la place, puisque celles et ceux qui le constituaient étaient les seul-e-s à être resté-e-s, ou presque, afin de continuer la manifestation vers d’autres horizons. Mais les rues étaient bloquées, et s’engager sur le Prado n’annonçait rien de bon.

La CGT attaque les manifestant-e-s

Ce qui restait de la manifestation a donc couru derrière le camion de la CGT pour les suivre et continuer à manifester derrière eux en profitant de l’ouverture de la rue, puisque la voiture de police qui bloquait la route s’écartait pour les laisser passer. Et c’est là que le SO de la CGT a vraiment chié dans la colle. Les militant-e-s du syndicat étant déjà presque tou-te-s reparti-e-s, il ne restait plus que les gros bras du SO et le responsable local. Les premiers reviennent à l’arrière pour faire une ligne de front, gazeuse à la main, contre les manifestant-e-s, tandis que le responsable appelle à sortir les manches de pioche, les battes de base-ball et les bâtons, et que le camion s’arrête (voir vidéo de cet appel à battes ici : https://www.facebook.com/sarafinadafrique/videos/10207993944398624/ ). Clairement, leur intention est de laisser tomber les autres entre les griffes de la police. Quelques insultes fusent, et la CGT balance des grands coups de gazeuse familiale à bout portant dans le visage de celles et ceux qui étaient en première ligne, n’hésitant pas à faire tomber des gens et à leur mettre des grands coups de pied alors qu’ils sont à terre. Ceux-là même qui sont les premiers à critiquer les formes d’autodéfense contre la police et les actions offensives contre le Capital qui ont pu se dérouler lors des manifestations précédentes n’hésitent pas à employer une violence énorme contre un cortège majoritairement composé de jeunes, ni préparé-e-s ni armé-e-s.

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Le SO de la CGT attaque les manifestant-e-s.

Très justement, une grosse pluie de projectiles a commencé à s’abattre sur ce bras gauche de la police et du maintien de l’ordre capitaliste, contre ces vendus qui ont effectivement choisi contre qui ils voulaient utiliser la violence. D’autres sautent sur les cégétistes en train de taper sur les gens, pour les mettre à leur tour à terre. Des coups sont échangés, quelques patates volent. Voyant qu’ils allaient possiblement être débordés, car tout le monde en avait gros contre eux à ce moment-là, étant donné la gravité de ce qu’il venait de se passer, les flics sont venus leur prêter main-forte et ont à leur tour tiré des grenades lacrymogènes sur les manifestant-e-s. Pas sur le SO CGT, armé de bâtons et de matraques, mais bien sur ces mêmes jeunes, qui n’avaient que quelques foulads. Il faut bien que les petites réunions police-CGT en Préfecture leur serve à quelque chose, hein.
Au SO de la CGT, nous disons : vous êtes des merdes, et vous le resterez. Et nous appelons tou-te-s les militant-e-s de base du syndicat à prendre position sur ces faits et à traiter ces gros bras pour ce qu’ils sont vraiment : un bras (de moins en moins) informel de la police et des traîtres.

Comment la CGT communique sur ce qu’il s’est passé

Certain-e-s disent que « la BAC a infiltré la CGT » ou le cortège. Mais non. Pas d’infiltration ici. C’est bien le SO de la CGT qui a gazé, frappé, insulté, s’est baladé avec des manches de pioche et a foncé dans le tas. Suffisamment de photos et de vidéos le montrent à celles et ceux qui n’étaient pas là, et pour celles et ceux qui étaient là, pas de doute possible.
La CGT commence à dire que le cortège l’a attaquée. Là encore, c’est faux. Les pluies de cailloux et de canettes sont arrivées après les gazages. C’est le gaz qui a tout déclenché, parce que comme le font les flics, le SO de la CGT voulait empêcher la manifestation d’avancer.
Le communiqué de la CGT signé par Olivier Mateu (le même qui appelle à sortir les manches de pioche) dit que "les autonomes" ont attaqué la CGT, suivant une 20aine "d’agents infiltrés". On rappelle que c’est la CGT qui était invitée à la Préf’ pour organiser le service d’ordre de la manif et non pas l’inverse. Si ils s’organisent avec la police et que celle-ci les attaque, nous les invitons à rompre tout contact avec la police. Et nous invitons tous les militant-e-s à la grève reconductible dans leur entreprise, et contre leur pseudo ’service d’ordre’.
Nous, "les autonomes", n’avons pas que ça à faire d’attaquer la CGT. Ca ne nous intéresse pas, parce que la CGT n’est pas -et n’a jamais été- le centre de notre action politique. Le but du cortège du 12 mai était simplement de continuer la manifestation, comme cela a déjà été dit plus haut. Au contraire de la CGT, nous n’avons pas de volonté hégémonique. Mais si on nous attaque, on se défend.

Suite et fin de manif

Suite à cela, quelques échanges de projectile ont eu lieu contre la police alors que le cortège se redéplaçait en direction de l’entrée de l’autoroute qui mène à Aubagne-Toulon, près du Parc du 26ème Centenaire. Une fois arrivé-e-s sur le rond-point d’entrée de l’autoroute, des fourgons de police sont arrivés de tous les côtés, quelques petites choses ont volé ici et là mais le cortège s’est vite dispersé dans les barres d’immeubles et les parcs alentours. A notre connaissance, il y a eu trois interpellations, qui ont été relâchées un gros quart d’heure plus tard. Un peu plus tard, une AG s’est tenue à la fac Saint-Charles.

En bilan de la journée, il nous semble qu’il y a plusieurs choses à retenir.

  • Tout d’abord, l’évolution du dispositif policier. Il est plus présent et met plus de pression, et c’est une donnée qui ne devrait à priori pas changer pour les temps à venir. Entre autres grâce aux joies de l’état d’urgence qui s’est prolongé.
  • En second lieu, il nous manquait le matériel nécessaire pour pouvoir nous défendre et éventuellement attaquer, que ce soit contre la police ou contre les traîtres déjà cités maintes fois plus haut, et qui s’organisent avec la police. Les contrôles policiers avant les manifestations ne rendent pas les choses plus faciles, mais nous manquions cruellement de masques, de boucliers, de quoi nous protéger des gaz lacrymogènes, de banderoles.
  • Ce qui pousse à dire que même avec des objectifs clairs (et là, il y a des idées), il aurait été difficile de les atteindre étant donné le peu d’organisation matérielle dans nos rangs. Maintenant, atteindre nos objectifs veut aussi dire pouvoir résister à la police et les repousser si celle-ci tente de nous barrer la route. Pareil avec la CGT.
  • Pour finir, un énorme merci à la Medic’ Team, qui ont fait un super boulot tout le long de la manif. Ca fait vraiment plaisir de voir cette initiative prendre corps et fonctionner.

Solidarité avec nos camarades de Paris qui ont elles et eux aussi été attaqué-e-s par le service d’ordre de la CGT et sont parvenu-e-s à repousser ces collabos derrière les lignes de flics, là où est leur véritable place. Solidarité avec nos blessé-e-s, et tout notre mépris à ceux du SO.

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D’autres témoignages glanés ici et là :

La manifestation une fois arrivée place Castellane, nous, les manifestant.e.s étions encerclé.e.s de TOUS les cotés, TOUS les axes étaient bloqués.

Puis les camions CGT et Solidaires ont alors emprunté la rue Maurel, c’est alors que les manifestant.e.s ont voulu emprunter cette même rue pour pouvoir sortir de la nasse et continuer à manifester.

C’est à ce moment que le SO de la CGT a barré la rue et repoussé les personnes en dégainant des gazeuses et des battes !!! Le tout sous le regard de la police...

J’ai pour ma part vu un gars (entre-autres) du SO attraper une personne la jeter par terre et l’assainer de coups de pieds alors qu’elle était au sol !! Je me suis donc approché sur lui pour l’arréter, il m’a arrosé de gaz orange à bout portant au visage !

Puis pour ma part c’était le trou noir je n’y voyais plus rien...
Merci aux camarades qui m’ont éloignés et porté secours, ainsi qu’à la médic team !!

Par primitivi : Des membres de la CGT gazent les manifestants

Etonnante manifestation du 12 Mai 2016 à Marseille. Rendez vous sur la place Charles de Gaule, nous avons marché avec plus ou moins de ferveur, sur la Cannebière, le Cours Lieutaud et jusqu’à l’éternelle place Castellane.

Au départ certains s’étonnent de la présence de CRS munis d’armes impressionantes devant le siège du MEDEF, la dite " Maison des Entreprise ", des CRS se passant et essayant les uns et les autres en bandoulière des carabines 22 long rifles. Bref, le cortège se divise en deux, la CGT a encordé ses militants empêchant toute personne externe à partager la marche dans leur rang. Quelques manifestants s’exaspèrent de cette situation et interrogent les membres de la CGT, pas de réponse. Nous observons un cordon de sécurité arborant pour certains des autocollants CGT sur leur tee-shirt, munis de talkie walkie et d’autres objets plus discrètement rangés. Des mères de familles s’indignent que ce cordon de sécurité ne soit pas dédié à l’ensemble des manifestants. Ils rétorquent que les manifestants doivent être rattachés à un groupe clairement mentionné, et que chaque groupe se doit d’organiser son propre cordon de sécurité. Bref, Arrivé place Castellane, la manifestation se disperse au bout de 20 minutes, les lycéens sont déterminés à tenter de réunir les moins motivés, et souhaitent continuer la marche. Les voies desservant la place Castellane étant cernées par les CRS et les agents de la BAC, les manifestants restants ont profité d’une seule voie libre, la rue Louis Maurel, ouverte par les camions de la CGT. Les deux camions de la CGT se sont arrêtés à mi chemin de la rue, ce qui n’a pas manqué d’agacer certains manifestants qui interpellent vivement à l’oral mais sans violence les cégétistes jonchés sur le camion. Jusqu’à ce qu’un des leurs ( CGT ) donne le signal " Allez on descend du camion", c’est alors que les membres CGT dédiés à la sécurité et pour certains déjà au sol, se sont emparés d’armes : tazer télescopique, bombe lacrymogène grand format, bâton, un d’entre eux s’appliquent même à enrouler le drapeau CGT autour d’un immense bâton afin de le transformer en arme. La décharge CGT est lancé, des manifestants de tous âges, toutes classes sociales se retrouvent pris au piège entre lacrymogène, bâton, le bruit des tazer crépitent, on ordonne de bastonner ceux qui prennent des photos , c’est la panique. les CRS venus de la rue de Rome interviennent et éparpillent la foule avec le renfort de grenades de dispersion. Un immense nuage de lacrymogène diffuse du gaz CS incapacitant et irritant, les manifestants se replient sur les bords de la place Castellane, pendant que d’autres obstinés courent avenue Jules Cantini. Alors que d’autres militants CGT n’ont pas voulu croirent à cette situation, les journalistes choqués témoignent de ne jamais avoir vu cela, comment la CGT peut légitimer ce recours à la violence ?

Il ne s’agit pas d’agents de la BAC déguisés, les agents en civil identifiés ont répondu ne pas comprendre ce qui se passait. Les journalistes les plus connus visibles sur les photos pourront eux aussi en témoigner. Les autres hommes visibles sur la photo, munis d’armes mentionnés plus haut étaient bien rattachés au cordon de sécurité de la CGT depuis le départ du cortège place Charles de Gaule, sans doute ont ils pris soin d’enlever leur autocollants CGT, mais pour le drapeau CGT cela reste plus compliqué …

Nous demandons à la CGT de justifier de tels actes et de prendre position clairement sur ce comportement.

Ce n’est pas la BAC qui a gazé les manifestants mais bien le SO de la CGT, et NON les manifestants n’ont pas "entourré" le camion !!

J’étais présent, voici les faits :

  • fin de manif sur Castellane, les camions de Sud et CGT remballent leurs affaires comme d’habitude. Pendant ce temps restent un petit millier de manifestant sur la place.
  • les camions de ces deux syndicats partent tranquillement par la rue Louis Morel, tandis que la majorité des manifestant sont repartis, puisque nous sommes 20 bonnes minutes après l’arrivée. Reste toujours ce petit millier de manifestant, principalement des jeunes mais pas que.
  • Soudain quelques jeunes manifestants proposent joyeusement de partir ensemble vers les camions de SUD et CGT pour les suivre, et improviser une manif "sauvage" (au sens de non organisé). Tous le monde se met donc à converger vers la rue Morel, avec une ambiance "joyeuse" et absolument pas belliqueuse envers ces syndicats.
  • environ 300 personnes se retrouvent en 3 minutes DERRIÈRE les deux camions, en scandant "tous ensemble" ou "manif sauvage avec la CGT" : pas de violence, pas d’encerclement des camions, juste une excitation d’avoir eu cette idée rigolote de suivre les camions qui s’en vont...
  • soudain (j’étais à 10 mètres des camions donc en 2de ligne) 5 ou 6 gars de la sécurité de la CGT font front aux manifestants et avances violemment en nous gazant, en agitant leurs bombes lacrymo directement sur nous !!
  • là, tout le monde hallucine, du jamais vu : la CGT vient de gazer des manifestants pour aucune raison valable, pire que la police !!!
  • Tous le monde se retrouve sur la place et gueule contre ces enfoirés, quelques personnes énervés (normal !) balancent des truc vers les camions, et s’en suis quelques échanges de coups. Deux ou trois grenades lacrymo sont envoyées au sol par la police qui était à coté et a du bien rigoler... tous le monde s’écarte de la rue Morel...
  • les camions ont pu repartir, les manifestants se sont retrouvé sur la place... puis un quart d’heure après la plus part des manifestant était dispersés, il semble qu’un groupe soit parti en manif sauvage par l’Avenue Cantini. La police a repris possession de la place tranquillement, sans charger personne.

= Nous avons vu de nos propres yeux le SO de la CGT nous gazer sauvagement !!
= Non la police n’a pas chargé sur la place Castellane aujourd’hui !
= Oui la Police est parti (plusieurs camions) en direction de la petite manif sauvage en direction de Cantini.

Le SO de la CGT a agit de manière totalement HONTEUSE !! La CGT doit prendre des sanctions envers ces personnes et les expulser du syndicat, pas de facho à la CGT ! La CGT doit présenter ses excuses publique aux manifestants présents !!

J’ai 40 ans, 25 ans d’expérience militante, je n’ai jamais vu ça (et je m’efforce de rester poli sur ce post !!!)

Démontons par l’absurde tout l’argumentaire de la CGT

Si la réaction du SO fait suite à l’action de quelques "infiltrés", c’est à dire des flics, ces fameux flics avec lesquels souvent la CGT s’organise pour préparer les manifestations, et comme il a été bien précisé dans un article de la provence du matin même, pour quoi faire ? pour inciter d’autres personnes à faire de même, c’est à dire à jeter des projectiles ? Dans ce cas, la réaction (réfléchie, dirigée par le secrétaire de l’UD en mode adjudant-chef) du SO n’est elle pas précisément ce qui allait mettre le feu aux poudres ?

Qui sommes nous, pour que l’on puisse faire de l’omelette (s’en prendre à des """infiltrés""") en cassant des oeufs (gazer 300 personnes) ? Qui aurait empêhcé le SO de crier, comme nous le faisons à chaque manif "baqueux à gauche", baqueux infiltré. QUi du SO est venu nous parler, à part pour chercher la merde, depuis deux mois ?

La réalité, c’est qu’il y a une culture de plus en plus violente d’autorépression chez ces gens là. Ce sont des prolos, comme nous. On leur dit depuis deux mois que ça va saigner, et on leur dit que si ça saigne pas, c’est notamment à cause de ceux qui ne suivent pas discipline des manifestations. Que ah ma bonne dame avant la CGT on l’écoutait. Quelque part, nous taper, c’est un peu une façon de se consoler de ne pas pouvoir taper sur quelque chose de plus patronal.

La mythomanie ambiante n’est pas une surprise. En revanche, elle est reprise, au point qu’on en arrive à devoir se justifier de choses impensables. Pourtant, les choses sont simples : on nous dit que la police bloquait la CGT. Rien n’aurait empêché le SO de la CGT de faire face à la police. Personne ne les aurait agressé. On aurait même participé à mettre la pression à la police pour sortir de la nasse.
MAIS NON ! Ils ont décidé de se mettre dos aux flics (preuve qu’ils sont pas très très inquiets de la répression, hein) et de faire face aux manifestants. Comme me disait un camarade yéménite "ce qu’a fait la CGT, c’est ce que nous ont fait les frères musulmans". Je lui ai répondu : coco, du calme, on est pas à Tahrir ici, c’est pas la guerre. On en a ri. Mais c’est vrai que c’est une logique qui n’a pas de frontière : le moment où les organismes bureaucratiques du mouvement social lui font face et jouent le rôle matériel de la police. Il s’est passé la même chose à Syntagma en Grèce avec les jeunes du KKE (PC grec) qui se sont retournés contre les manifestants, prétextant qu’il y avait des fascistes.

Pas d’ambiguité : ce discours, c’est le discours policier. La justification d’une intervention répressive sur une foule au nom de la présence d’"éléments", de "forcenés", d’individus", de "casseurs", c’est le discours de la police. Et comme la police, la CGT a gazé tout le monde.
Ce n’est pas extrêmement grave. Il n’y a pas mort d’homme. En revanche, ce qui est grave, c’est la façon dont le secrétaire de l’UD couvre ses troupes, et les dirige. On ne peut pas tolérer ça, parce que ça revient à dire : refaites le. QUe ce garçon n’appelle pas à l’apaisement, que des jeunes gauchistes le soutiennent, c’est cela le problème.

On a parlé de gauchisme ici. Les seuls gauchistes ici, ce sont ceux qui soutiennent l’action du SO. Gauchisme dans un sens simple : ne pas se subordonner au mouvement réel, mais considérer que l’application de SA tactique, SA stratégie est la condition sine qua non de la réussite. L’autodisciplinarisation des militants, ce n’est pas quelque chose de nouveau, c’est mortifère. En revanche, ici, c’est à nous de couper court à ces absurdités. Oui, nous avons d’autres chats à fouetter. Oui, nous avons subi une agression manifeste, et nous auriopns largement pu répliquer. Oui, nous avons échangé deux ou trois coups, rien de bien méchant, on a pris et donné bien pire depuis deux mois.

On le répète, si on avait voulu attaquer le SO, il n’y aurait plus de SO. On était vingt fois plus nombreux. Mais personne n’en avait réellement envie. On ne voit pas à quoi ça servirait. Le SO, même s’il est un peu teubê, n’est pas notre adversaire. Pas plus que la police d’ailleurs, ne doit être le centre de nos préoccupations. Nous, on veut gagner. Par contre, le communiqué de la CGT est hautement politique : il revient à "revendiquer" cette connerie. A dire, oui, moi Olivier Mateu, j’ai dit aux quinze types avec moi de casser ces gens là.
Dont acte, Olivier. On a déjà apprécié, lorsque nous sommes allés au rassemblement à 19h, où on vous a rejoints à la Pref’ après avoir bravé une nasse policière et une interdiction de notre AG, ton dédain. Oui, on était 300, vous étiez 60. Oui, on vous a proposé de repartir en manif, et vous êtes restés comme ça, devant des grilles, à la préfecture, pendant qu’on est repartis manifester. Et tu nous as dit "nous ne bougerons pas", comme dans la vieille rengaine syndicale.

Mercredi, on s’est fait nasser pour un appel à l’assemblée générale. La CGT ne s’est pas sentie obligée de communiquer sur ça. On nous interdit de nous rassembler. Et la seule chose que sait faire l’UD, c’est de se débiner de la nasse policière qu’elle a négociée avec la préfecture, et quand on suit le camion pour pouvoir s’arracher, on nous sort des tazers. Dont acte. Ces trois arrestations sont les tiennes.

P.-S.

D’autres témoignages se trouvent facilement un peu partout ? Merci à celles et ceux qui ont rédigé ceux que nous avons repris ici, désolé-e-s de ne pas forcément tous les citer.


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