Communiqué des prisonnier.es de Palestine Action

Depuis désormais plus d’une semaine, six prisonnier.e.s enfermé.e.s dans des geôles du Royaume Uni sont en grève de la faim. Iels se trouvent incarcéré.e.s pour des actions visant l’industrie des armements qui finance et permet le génocide en cours à Gaza. On relaye le communiqué de début de grève de la faim, qui présente leurs revendications.

À ce lien il est possible de trouver plus d’informations sur la grève de la faim aussi que les déclarations des prisonnier.e.s : https://prisonersforpalestine.org/

Nous rappelons aussi les centaines de prisonnier.e.s palestinien.ne.s qui subissent la torture et les traitements inhumains dans les prisons israéliennes.

Jusqu’à que tou.te.s les prisonnier.e.s soient libres, jusqu’à la libération de la Palestine !

Communiqués des prisonniers de Palestine Action :

Des dizaines de prisonnièr⋅e⋅s politiques dans le territoire appelé Royaume-Uni, qui ont subi pendant des mois des mauvais traitements ciblés derrière les barreaux en raison de leur soutien à la libération de la Palestine, annoncent leur intention de lancer une grève de la faim. La représentante de Prisoners for Palestine, Audrey Corno (que j’ai interviewée le mois dernier), affirme que ce serait la plus grande grève de la faim coordonnée de prisonnier.e.s au Royaume-Uni depuis celle de l’Armée républicaine irlandaise/Armée de libération nationale irlandaise dans le nord occupé de l’Irlande en 1981, lorsque dix prisonniers de guerre ont été martyrisés.
Le 20 octobre, Audrey et Francesca Nadin, qui ont toutes les deux passé du temps derrière les barreaux pour des actions directes contre des entreprises d’armement sionistes, ont remis une lettre au ministre britannique de l’Intérieur « au nom des 33 personnes injustement emprisonnées pour avoir pris des mesures afin de mettre fin au génocide en Palestine ».
Elles ont cinq revendications : la fin de toute censure de leur courrier et de leurs communications ; la libération immédiate et inconditionnelle sous caution ; le droit à un procès équitable ; le retrait de Pal Action de la liste des organisations « terroristes » ; et la fermeture de toutes les entreprises d’Elbit Systems au Royaume-Uni.
Les prisonnier.e.s, parmi lesquel.le.s des membres des Filton 24 et des Brize Norton 5, sont détenu.e.s sans chef d’inculpation dans plusieurs prisons britanniques en vertu du « Terrorism act », dans certains cas depuis plus d’un an. Jusqu’à présent, les appels lancés pour que les prisonniers soient libérés sous caution ont été vains.

Les grèves de la faim collectives à grande échelle ont le pouvoir de poser des revendications courageuses et ambitieuses qui vont au-delà de l’amélioration des conditions immédiates des prisonnier.e.s. Prisoners for Palestine en sont clairement conscient.e.s, comme en témoigne la manière stratégique dont iels ont intégré leurs revendications immédiates concernant leurs affaires judiciaires et leurs conditions de détention dans une attaque plus large contre Elbit Systems. Par exemple, iels affirment que leur droit à un procès équitable devrait inclure la transparence concernant toutes les réunions qui ont eu lieu entre les responsables britanniques, israéliens et d’Elbit, ainsi que « toute autre personne impliquée dans la coordination de la chasse aux sorcières menée actuellement contre les militants et les activistes ». De cette manière, la grève de la faim s’inscrit dans la continuité des actions directes qu’ils auraient menées contre la même cible à l’extérieur des murs de la prison — iels se battent simplement sur un nouveau terrain.

La grève de la faim marque une intensification significative de la résistance en réponse à la discrimination et aux traitements inhumains dont les prisonniers de Pal Action ont été victimes derrière les barreaux – privation de cérémonies religieuses appropriées et du Coran, interdiction de tout contact et de toute visite de leur famille, isolement dans des établissements isolés, agressions violentes et saisie de leur courrier et de leurs biens – ainsi qu’à l’échec de leurs tentatives répétées de faire appel à l’administration pénitentiaire britannique et aux autorités.

Elle fait également suite à une grève de la faim de 28 jours menée avec succès par Teuta « T » Hoxha, l’une des Filton 24, au début de l’année, quand elle a mis une pression au niveau international sur la prison de Peterborough pour qu’elle rétablisse son courrier, ses activités récréatives et son emploi à la bibliothèque. Bien que son poste de travail dans la prison ne lui ait finalement pas été réattribué, Hoxha a obtenu toutes ses autres revendications et a réussi à révéler l’existence d’une unité mixte contre l’extrémisme (JEU) spécialement chargée de cibler, d’isoler et de punir les prisonnier.e.s pro-Palestine.

En plus de cela, la grève de T. Hoxha a eu des répercussions considérables sur le mouvement international de solidarité avec la Palestine, attirant une attention sans précédent sur la répression draconienne à laquelle sont confrontés les militant.e.s du monde entier qui ont choisi de mener des actions directes contre la participation de leur pays au génocide palestinien. Aux États-Unis, les prisonniers politiques Casey Goonan et Malik Muhammad se sont joints à la grève de la faim de solidarité avec Hoxha, ayant eux-mêmes été victimes de persécutions et d’abus pour raisons politiques similaires. (Il faut mentionner que le prisonnier politisé Shine White mène actuellement une grève de la faim en Caroline du Nord pour des raisons similaires).

La pression internationale et la solidarité suscitées par la grève de la faim de T. Hoxha, ainsi que le succès remporté par ses revendications, ont sensibilisé ses codétenu.e.s et les prisonnier⋅e⋅s politiques, y compris celleux qui étaient incarcéré.e.s pour des raisons non ouvertement politiques. Son action leur a montré que lorsqu’on se bat, on gagne. Les militant.e.s ont laissé entendre que cette grève de la faim imminente bénéficierait d’un soutien plus large de la part de la population carcérale en général.

« Les prisonnier⋅e⋅s sont convaincus qu’iels bénéficient d’un soutien massif tant ici qu’à l’échelle internationale, et que les gens se mobiliseront pour agir en leur nom. Cela est une conséquence directe non seulement des actions horribles du gouvernement à l’égard des prisonnier⋅e⋅s, mais aussi de sa participation active au génocide à Gaza », a déclaré le Dr Asim Qureshi, directeur de recherche chez CAGE International, partenaire de négociation des grévistes de la faim aux côtés de Prisoners for Palestine.

« Cette grève de la faim, si elle continue, sera la première du genre depuis au moins deux décennies. Elle met en évidence la violence du système carcéral au Royaume-Uni, une violence que nous associons souvent à des endroits lointains. De Guantánamo à Gaza, les infrastructures des lois autoritaires antiterroristes mises en place pour emprisonner, réduire au silence et réprimer les actions en soutien de la Palestine et les voix qui s’élèvent contre les guerres et le génocide doivent être démantelées », a ajouté M. Qureshi. « Les prisonnier⋅e⋅s sont le cœur battant de notre mouvement pour la justice. Nous devons honorer leurs sacrifices et nous lever pour lutter contre les injustices auxquelles iels sont confronté⋅e⋅s. »

Audrey a souligné dans notre précédente interview qu’il serait essentiel de laisser suffisamment de temps aux soutiens à l’extérieur pour se préparer à la grève et maximiser son impact et sa portée. L’annonce d’une grève de la faim collective plusieurs semaines à l’avance soulève la question de savoir si davantage de prisonnier⋅e.s à l’internationale y participeront cette fois-ci, et quelle ampleur elle prendra. Les membres du mouvement des prisonnier.e.s politiques devraient alerter autant de camarades que possible à l’intérieur, afin qu’ils sachent que cet acte de résistance collective est en cours et qu’iels puissent choisir de montrer leur solidarité par des mots ou des actions.

Prisoners for Palestine et CAGE International ont donné au gouvernement britannique jusqu’au 24 octobre pour répondre à leurs revendications. La grève devrait débuter le 2 novembre, une date chargée d’histoire qui marque l’anniversaire de la déclaration Balfour de 1917, lorsque le Royaume-Uni a accordé son soutien officiel au colonialisme sioniste en Palestine. Les militants du mouvement des prisonnier.e.s politiques partout dans le monde devraient prendre note de la manière dont les prisonnier.e.s et leurs soutiens ont refusé de céder, même face à une répression dure, insistant pour politiser tous les aspects de la grève.

Les prisonniers en tant que sujets politiques

Les grèves de la faim ont joué un rôle central dans le mouvement des prisonnier.e.s palestinien.ne.s, le mouvement de libération nationale irlandais, la Fraction armée rouge en Allemagne de l’Ouest, en Afrique du Sud, en Inde et ailleurs.

Au cours de l’occupation sioniste, les prisonnier⋅e⋅s palestinien.ne.s ont mené des grèves de la faim massives, souvent à plusieurs milliers à la fois, unissant différentes factions politiques. Dans les années 1970 et 1980, plusieurs prisonnier⋅e⋅s palestinien⋅ne⋅s sont mort⋅e⋅s parce que nourri.e.s de forcé, une pratique réinstaurée par l’occupation sioniste en 2012. Ces grèves ont façonné le mouvement dans son ensemble : le réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun s’est développé à partir de la grève de la faim des prisonniers du FPLP en septembre/octobre 2011 pour obtenir la libération d’Ahmad Sa’adat, secrétaire général du parti, de l’isolement. « D’Ansar [Palestine] à Attica [New York] en passant par Lannemezan [la prison française où Georges Abdallah était détenu], la prison n’est pas seulement un espace physique d’enfermement, mais aussi un lieu de lutte des opprimés contre l’oppresseur », a écrit Sa’adat.

De même, en 2013, les détenus états-uniens mis à l’isolement prolongé à la prison d’État de Pelican Bay ont organisé une grève massive, qui a rassemblé 29 000 prisonniers de Californie, refusant de travailler et d’assister aux cours, et 100 détenus de deux prisons refusant de s’alimenter jusqu’à ce qu’ils obtiennent des réformes. Dans le camp de détention militaire américain de Guantánamo Bay (sur le territoire cubain illégalement occupé), des centaines de prisonniers ont entamé une grève de la faim et ont été nourris de force de manière violente depuis 2002, cette information étant censurée par l’armée. Mansoor Adayfi, un Yéménite détenu indéfiniment sans inculpation, a entamé une grève de la faim et a été nourri de force pendant deux ans. Aujourd’hui libre, il travaille avec CAGE International et soutient la grève imminente des prisonniers politiques britanniques. Il s’exprimera lors d’une conférence téléphonique avec eux le 25 octobre.

Une grève de la faim n’est pas une tactique à prendre à la légère. C’est un choix de résistance fait dans des conditions de captivité, lorsque votre corps est la seule arme qui vous reste, puisque l’État vous a privé de tous les autres moyens de résistance.

Nous ne parlons pas ici des gestes spectaculaires que sont les jeûnes d’un à trois jours entrepris par des personnes qui ne sont pas emprisonnées, ridiculement qualifiés de « grèves de la faim » pour Gaza. Ces actions sont inefficaces car elles sont menées en dehors du contexte d’emprisonnement et n’ont donc aucun poids. Elles sont inacceptables, dans la mesure où elles tournent en dérision les grèves de la faim en récupérant et en édulcorant ce qui est en réalité une tactique réservée en dernier recours aux prisonniers soumis à des conditions de détention extrêmes, qui meurent parfois d’une mort lente et atroce au cours de leur grève. (Pour celleux d’entre nous qui sont à l’extérieur, avec plus de moyens à notre disposition pour résister, notre devoir n’est pas d’affaiblir passivement notre corps, mais de nous renforcer pour passer à l’offensive).

Écrivant à propos du révolutionnaire palestinien martyr Walid Daqqa et de sa longue histoire de captivité dans les cachots sionistes, Kaleem Hawa a observé comment la grève de la faim, lorsqu’elle est menée en captivité, renverse les rapports de force :

« La [grève de la faim] bouleverse le scénario habituel, où la docilité est la sentence et la faim le jury. [Elle] brise les outils des colons, rappelle que la dignité persiste chez le sujet colonisé, reconfigure l’ordre colonial tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la prison... Le gréviste de la faim ne fuit pas la vie, mais court vers la liberté ; son acte réunit le corps en stase et le moi en isolement vers un tout politiquement engagé... insistant sur le droit de raconter sa propre captivité. »

Malheureusement, certain⋅e⋅s militant⋅e⋅s à l’extérieur ont choisi de condamner l’acte de résistance de T. Hoxha, qualifiant sa décision de faire une grève de la faim de suicidaire et donc intrinsèquement immorale. Iels ont questionné les raisons pour lesquelles elle choisissait de risquer sa vie pour des revendications apparemment insignifiantes telles que la réintégration de son poste à la bibliothèque de la prison. Ne pouvait-elle pas simplement laisser tomber ? Pourtant, comme Hoxha l’a elle-même souligné dans un message enregistré adressé à Casey Goonan : « Nous savons toutes les deux qu’il ne s’agit pas d’un emploi à la bibliothèque, mais du principe qui se cache derrière. » L’insistance de Hoxha sur le fait que ce n’est pas le contenu de la revendication elle-même qui est important, mais le principe qui la sous-tend, trouve un écho chez des milliers d’autres grévistes de la faim à travers l’histoire, qui ont préféré risquer et, dans de nombreux cas, sacrifier leur propre vie plutôt que d’accepter les conditions inhumaines de la vie carcérale.

Après que Casey ait entamé sa propre grève de la faim en solidarité avec T. Hoxha, environ deux semaines après le début de celle-ci, certain⋅e⋅s militants aux États-Unis ont également condamné son action comme une forme d’automutilation, allant même jusqu’à la comparer à une overdose de drogue. Cette « automutilation » a été définie en termes physiques et juridiques, mais pas politiques. Comme Casey est diabétique et que sa peine n’avait pas encore été prononcée, une grève de la faim en solidarité avec T. Hoxha aurait non seulement eu de graves conséquences sur sa santé, mais aurait également pu compromettre son procès. Ces militant⋅e⋅s ont affirmé que les soutiens aux États Unis ne pouvaient rien faire pour aider T. Hoxha, puisqu’elle était emprisonnée dans un autre pays, insistant ainsi sur le fait que l’acte de solidarité de Casey était non seulement imprudent, mais aussi inutile. Les camarades qui ont soutenu la grève de la faim de Casey et ont activement défendu la nature militante de son actions ont été publiquement dénigrés et même accusés pour la lourde peine de 19 ans infligée par l’État quelques semaines après la fin de la grève.

Ces exemples d’attaques et de dénonciations d’actes de courage, de solidarité et de résistance, au nom de la « préoccupation » et de la « sécurité » ne sont pas isolés. Ironiquement, alors que ces voix prétendent que ce sont ceux qui défendent la résistance qui représentent une menace et un danger pour les prisonniers, c’est précisément leur insistance à condamner et à décourager la résistance à la répression étatique qui représente la tendance la plus dangereuse de toutes. Comme l’a fait remarquer Shaka Shakur, prisonnier politique New Afrikan, dans une récente interview :
« Nous [la gauche américaine] avons tendance à essayer de lutter dans les limites fixées par l’oppresseur. Vous ne pouvez pas vous dire anti-État, anti-gouvernement, anti-capitaliste, anti-impérialiste, et organiser votre résistance et votre concept de résistance dans le cadre de la légalité, des limites, des frontières de votre opposition, permettant ainsi à celle-ci de dicter vos stratégies et vos tactiques. Cela revient à reconnaître une certaine légitimité au système même que vous prétendez vouloir détruire, démanteler ou changer. Vous êtes donc déjà condamné. »

Dans la même interview, Shakur étend sa critique du pacifisme, qu’il considère comme un obstacle au progrès de la gauche américaine en général, à la culture du soutien aux prisonnier⋅e⋅s et à l’organisation carcérale en particulier :
« Vous savez, je pense que c’est une erreur tactique, une erreur stratégique, que lorsque vous parlez de soutenir les prisonniers, en particulier les prisonniers politiques, eh bien, un mouvement qui dit soutenir les prisonniers politiques ou les prisonniers de guerre, mais qui se contente de grogner sans jamais mordre, est un mouvement bidon. C’est un mouvement bidon. Si l’État sait qu’il peut venir ici et me tuer, orchestrer mon meurtre, sans aucune répercussion réelle, ni aucun effet, cela en dit long sur le sérieux du mouvement qui nous soutient. Et c’est une tragédie. Et malheureusement, nous sommes trop nombreux à être tombés dans ce piège. »

Shakur note également que le concept de solidarité avec les prisonniers a été réduit à un simple soutien matériel ou technique – par exemple en envoyant de l’argent ou des lettres – mais pas politique, une critique que nous avons également soulevée ailleurs. Il en résulte que lorsque des prisonnier⋅e⋅s sont victimes de répression, voire de meurtre, en raison de leurs opinions et de leurs actes politiques, les personnes solidaires ne provoquent aucune conséquence contre le système pénitentiaire. Shakur poursuit :
« Alors, quand vous parlez d’entraide et de soutien mutuel, où cela vous mène-t-il ? À d’autres niveaux de résistance, de lutte et d’action directe ? Pourquoi nos aînés doivent-ils attendre d’avoir 70 ou 80 ans et d’être sur leur lit de mort pour être libérés ? Vous voyez ce que je veux dire ? Et quand on parle du concept d’abolition, qu’est-ce que cela signifie réellement ? Comment pouvons-nous le concrétiser ? Quelles sont les étapes à suivre pour accentuer ces contradictions et intensifier la lutte et la résistance pour arriver à l’abolition ? Essayons-nous d’aider nos camarades en prison à vivre confortablement, ou essayons-nous de rendre ces enfoirés ingouvernables ? Essayons-nous d’envoyer de l’argent ou essayons-nous de libérer certaines personnes ? »

Face à la répression brutale de l’État, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser les concepts de « sécurité » ou de « conseil juridique » prendre le dessus sur notre stratégie politique et notre lutte collective. Si nous privilégions tou.te.s notre sécurité individuelle au détriment de la libération collective, notre lutte ne progressera jamais. Les prisonnier⋅e⋅s politiques sont emprisonné.e.s pour des actes de résistance politique contre l’État, leur combat pour la liberté doit donc également être mené sur le terrain politique.

L’histoire des grèves de la faim menées par les prisonnier.e.s montre qu’il s’agit en fait du contraire d’une pulsion suicidaire. Il s’agit plutôt de la réaffirmation de la vie et de l’humanité d’un⋅e prisonnier⋅e dans les conditions les plus déshumanisantes qui soient, de l’insistance sur son statut de sujet révolutionnaire alors que l’État l’a réduit à un objet passif. Pour ceux d’entre nous qui sommes à l’extérieur, nous devons soutenir ce discours et les risques que nos camarades choisissent de prendre, malgré nos préoccupations personnelles pour leur sécurité et leur bien-être.

Le silence est fatal. Même si la grève de T. Hoxha et Casey a attiré l’attention, de nombreux groupes organisés en solidarité avec la Palestine ont échoué, ou ont carrément refusé, de relayer leurs simples demandes invitant les gens à appeler et à envoyer des courriels à la prison pour exiger que T. Hoxha reçoive les soins médicaux urgents dont elle avait besoin. En supposant que le gouvernement impérialiste et génocidaire du Royaume-Uni ne se mette pas soudainement à avoir une conscience et ne réponde pas aux cinq demandes simples de la grève de la faim imminente et cette fois-ci beaucoup plus importante, il est de notre devoir d’apporter notre soutien inconditionnel à ceux qui, à l’intérieur, entreprennent ces actes de courages.

Retrouvons nous devant les prisons où nos prisonnier.e.s sont enfermé⋅e⋅s.

Faisons en sorte que leur résistance et leurs sacrifices résonnent suffisamment fort et largement pour que les murs de la prison s’écroulent.

Pour terminer, citons les paroles de l’un des dix républicains irlandais morts en martyrs lors de la grève de la faim de 1981, Patsy O’Hara, membre de l’Armée de libération nationale irlandaise : « Après notre mort, que direz-vous avoir fait ? Direz-vous que vous étiez à nos côtés dans notre combat ou que vous vous êtes conformés au système même qui nous a poussés à la mort ? »

Déclaration d’Heba Muraisi et de Amu Gib

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