Manifestation contre les violences sexistes et sexuelles 25 novembre 2025

Manifestation contre les violences sexistes et sexuelles 25 novembre 2025
Village féministe à partir de 16h - Hôtel de ville
Départ du cortège 18h30 Hôtel de ville -> Place de la joliette

Journée internationale de lutte contre les Violences Sexistes et Sexuelles

Appel à manifester le 25 novembre 2025.
Le 25 novembre est la journée internationale contre les violences sexistes et sexuelles (VSS).

En France, cette année sera marquée par l’inscription du non-consentement dans la définition pénale du viol. Le consentement doit être libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable. Pour que la culture du consentement remplace la culture du viol.
Mais cette réforme, qui est le fruit de nos luttes ces dernières années, ne va que renforcer l’arsenal répressif de l’état qui s’applique selon des critères racistes, classistes et contre toutes celles et ceux qui s’opposent au gouvernement. C’est pourquoi nos luttes se veulent indépendantes de l’appareil juridico policier et restent plus nécessaires que jamais.

D’autant plus que cette année est également marquée par une situation politique particulièrement tendue, liée au nouveau gouvernement Lecornu et à la proposition de budget. On nous promet d’importantes coupes budgétaires dans l’éducation, la santé et la culture, au profit de la militarisation, tout en protégeant les grandes fortunes ! Une terrible perspective pour les femmes et minorités de genre qui représentent une part importante de ces emplois et sont les premières dépendantes des aides financières de l’Etat.

La précarisation systémique des femmes, des minorités de genre et des personnes racisées est au cœur de la violence. Non seulement parce qu’elle altère directement leurs conditions matérielles de vies, mais parce qu’elle permet des violences physiques et psychologiques qu’elles ne seront pas en capacité de fuir.

Depuis le début de l’année 2025, on compte déjà plus de 135 féminicides en France, une augmentation par rapport à l’année dernière. Dans 97,3 % des cas, les agresseurs sont des hommes et dans 91 % des cas ils sont connus de leurs victimes. Les agresseurs agissent quel que soit leur catégorie socio professionnelle, leur âge ou leur religion.
Ces violences font corps les unes avec les autres : violences physiques, violences psychologiques, violences économiques. Elles prennent racine dans des structures matérielles, culturelles et judiciaires. Le procès des viols de Mazan fut un cas d’école : les coupables ne sont pas des monstres, leurs crimes découlent d’une culture qui encourage et permet la domination patriarcale.
Du dépôt de plainte jusqu’au procès, l’appareil juridico pénal ne permet pas de prévenir, de réparer, ni de résorber les violences. Trop souvent, la culpabilité y est renversée, les violences y sont minimisées, ajoutant une violence à la violence. Ce fut le cas de Silvia, 43 ans, morte en Octobre sous les coups de son conjoint, alors qu’elle avait appelé 9 fois les autorités de Martigues.

Il est d’ailleurs tristement ironique de noter que Gérald Darmanin, lui-même accusé de viol et de harcèlement sexuel est actuellement ministre de la Justice !
Cette année, le constat rendu par la CIIVISE est sans appel : il y a urgence. La pédocriminalité et l’inceste sont sous-estimés en France. 36% des victimes de violences sexuelles étaient mineures au moment des faits et en moyenne 3 enfants par classe sont victimes d’inceste. Récemment, plus de 1700 personnes travaillant avec des enfants ont été écartées de la profession pour avoir été condamnées à des infractions sexuelles.

De l’autre côté du spectre, les femmes et minorité de genre âgées sont les grandes oublié·es de la société. Durement impacté·es par la réforme des retraites, elles représentent 27 % des victimes de féminicides.
Les droites conservatrices nous étouffent dans des rôles et des identités de genre rigides et binaires, nous assignant à des rôles reproductifs. Les violences s’intensifient contre les personnes trans, queer, intersexe ou non binaires qui craignent pour leur vie. 85% des personnes transgenres ont déjà subies un acte transphobe. Des discriminations réelles persistent dans tous les domaines,
notamment dans les structures d’accueil des victimes des VSS, pensées exclusivement pour les femmes cisgenres.

Les VSS sont encore plus profondes, difficiles à éviter, à nommer et à dénoncer pour les personnes qui subissent d’autres oppressions systémiques : les personnes handi, LGBTQIA+, psychiatrisé·es, racisé·es, précaires, en situation de migration, sans papiers, les travailleur·euses du sexe, les personnes sans domicile fixe, les personnes musulmanes ou perçues comme telles.

Les VSS sont aussi utilisées comme arme de guerre contre les femmes, les filles et les hommes prisonniers dans les contextes de guerre comme en Palestine, au Soudan ou encore au Congo… Les génocides en cours privent les populations du droit le plus élémentaire : celui à la vie. Des peuples entiers sont tués avec la complicité du gouvernement français, qui criminalise par exemple les soutiens à la Palestine tout en permettant l’armement d’Israël.

Nous refusons un projet de société sécuritaire, répressif et raciste qui renforce et multiplie les violences au lieu de les empêcher. Dans un contexte de fascisation nationale et mondiale plus que jamais nous devons rappeler que les luttes féministes sont intrinsèquement liées aux luttes contre l’impérialisme et le racisme, contre le sionisme, contre le classisme, le validisme, l’âgisme et la
transphobie.

Résister à ces violences, c’est lutter pour plus de droits, de protection sociale, de moyens dans les milieux associatifs et les services publics.
Nous refusons de payer l’addition des projets d’austérité et des politiques de l’armement !

Nous luttons pour des investissements massifs dans l’éducation et la santé : plus de personnel, mieux formé et mieux rémunéré dans les écoles, les hôpitaux, les crèches et les EHPAD publics ; Pour une reconnaissance et une valorisation du travail domestique et reproductif, tout aussi essentiel à la société ; Pour une prise en compte et une amélioration des conditions de travail des Travailleur.euses Du Sexe, leur permettant d’exercer leur métier en toute sécurité ; Pour lutter contre toute forme de discriminations : à l’embauche, à la rémunération, à l’accès au logement... ; Pour permettre aux femmes voilées d’exister dans l’espace public : en finir avec une définition dévoyée de la laïcité au service d’une idéologie raciste et islamophobe ; Pour une éducation aux VSS et une éducation affective, permettant aux enfants d’affirmer que leur corps leur appartient et que les adultes n’ont pas toute autorité sur elleux ;

Pour une politique féministe de l’anti-violence : des financements pour les associations et les centres antiviolence qui travaillent sur le terrain ;
Pour le droit à la vie et à la résistance des peuples victimes de guerre ou de génocide, en Palestine, au Soudan, au Congo, dans tous les pays où l’assignation à un genre justifie la violence à son encontre.

L’état français doit mettre fin à sa complicité et imposer un embargo sur les armes, ainsi que des vraies sanctions contre Israël jusqu’à la fin de l’occupation et de l’apartheid.

Résister à ces violences, c’est aussi réinventer. Se ré approprier son temps, ses rêves et ses récits. Se ré approprier nos manières de co-exister.
Ensemble, réinventons nos organisations politiques, économiques et sociales, nos structures de soin, de justice, de travail, pour un monde plus juste !
Nous nous voulons vivant·es, fort·es, joyeux·ses et solidaires !
Inter-orga du 25 novembre, Marseille

Collectifs signataires :

AG du social, médico-social et associatif ; Bibliothèque des héroïnes ; Collectif BiPan Marseille ; Collectif Enfantiste 13 ; Collage Féministe Indépendant ; Du pain et des roses ; Femmes contre l’armement ; Marseille 8 Mars ; Mouvement national lycéen 13 ; Nous Toustes Marseille ; Queen’Amu ; Riposte Antifasciste ; Salon Féministe ; Solidaire Étudiant.e.s ; Transat Trans vener 13 ; Tsedek ; Union Communiste libertaire ; Union des Femmes Comoriennes de France ; Union Palestine Marseille

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