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Un premier mai sous tension dans les rues de Marseille

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Ce premier mai 2016, comme tous les ans, devait se dérouler le défilé traditionnel en souvenir des luttes passées et de la solidarité ouvrière et rebelle. Mais la police et la préfecture, qui ont visiblement été vexées par la réussite de la manifestation du 28, n’entendaient pas laisser passer cet affront aussi facilement.

Après un article absolument consternant dans les pages de la Provence du 30 avril, qui présentait les milliers de personnes rassemblées dans les rues de Marseille lors de la manifestation du 28 comme de dangereux énergumènes et saluait la répression à leur encontre, il était aussi dit que ce premier mai serait à haut risque.

A haut risque de quoi, personne ne le sait vraiment. Que tout le monde manifeste sa colère ?

Malgré les tabassages en règle, les intimidations et les multiples blessé-e-s, la préfecture de police a décidé qu’elle n’en avait pas assez, et a continué sur la ligne dure.

Peu après 10 heures, avant même le départ de la manifestation, la police faisait des cordons, fouillait les personnes désireuses de se rendre au cortège, intimidait physiquement en plaquant des genss au mur et procédant à sept arrestations pour des prétextes aussi ridicules qu’affligeants. Toutes ont été placées en garde-à-vue, et les dernières sont sorties le matin du 2 mai. Après la volonté délibérée de blesser gravement les manifestant-e-s du 28, voilà celle d’intimider violemment celles et ceux du premier. Et tou-te-s les autres avec. Notamment les lycéen-ne-s ou les plus jeunes, qui ont souvent été pris-es à partie dans les rues aux alentours par la BAC. Des téléphones ont été cassés, des gens menacé-e-s.

Deux civils repérés dans un Mac Donald’s qui disaient "on devrait casser du dentier, on est pas là pour faire de la surveillance" est un bon exemple de l’état d’esprit. Tout à fait dans la logique du "je vais te faire parler avec des pinces" qu’une personne a pu se voir sermonner le 28 alors qu’elle recevait des coups de tonfa.

Réuni-e-s au Vieux Port, les manifestant-e-s finiront par s’élancer en direction de la rue de la République et de la Joliette après pas mal de retard, et surtout après que le cortège de la CGT parte devant, sans attendre. Cortège officiel qui disparaîtra très vite une fois arrivé à la Joliette d’ailleurs, bien que beaucoup de syndicalistes demeurent aux côtés de celles et ceux qui repartent en manifestation sauvage en direction du commissariat de Noailles pour aller soutenir les personnes interpellées en début de journée. Le cortège arrive jusqu’au croisement Canebière / Athènes sans anicroche, malgré une grosse présence policière à l’arrière et aux abords de la gare, sans compter la BAC qui continue à roder la bave aux lèvres.

Après une bonne heure de présence sur le carrefour, circulation bloquée, un camarade ressort du commissariat. Les autres sont répartis ailleurs. De nombreux slogans sont scandés pour exiger la libération des camarades et pour exprimer tout le malheur que l’on souhaite aux forces de police. Une assemblée à micro ouvert prend place en pleine rue et exprime sa solidarité avec toutes les personnes arrêtées, blessées, tout en refusant d’accepter les termes de ’casseur’ que la presse poubelle se donne à coeur joie de répéter à tout bout de champ ces derniers jours. On a bien conscience, comme il a déjà été dit, qu’il n’y a pas de "bons manifestants" et de "méchants casseurs", seulement des gens qui ont la rage et qui l’expriment de façon complémentaire et différente. Et c’est exactement cela qui a déplu à la préfecture et à la police : le fait que tous les modes d’actions parviennent à travailler ensemble pour atteindre des objectifs communs, malgré la présence policière qui tente de nous en empêcher. Et nous avons prouvé ensemble que nous étions capables de les dépasser, de nous organiser.

Et c’est ce qu’il nous faut continuer de faire. A présent, la nouvelle stratégie policière est une stratégie de terreur, à la fois physique et psychologique, par les agressions et par les intimidations. Il nous faut parvenir à rester ensemble et à résister à ce nouveau type d’assaut, qui est caractéristique des assauts menés contre les luttes fortes. Le curseur de la répression augmente logiquement face à des luttes qui échappent au contrôle policier et qui gagnent en efficacité. C’est le rapport de forces qui se modifie.
Travaillons ensemble pour amoindrir la peur qu’ils essayent d’insuffler dans les têtes. Nous sommes capables de résister à ces nouvelles attaques, qu’il s’agisse de nos premières expériences de répression directe ou pas. Soutenons-nous là-dedans, et nous en ressortirons d’autant plus fort-e-s, d’autant plus déterminé-e-s. Il nous faut prendre soin les un-e-s des autres, en manifestation comme en-dehors. Et c’est à chacun-e d’entre nous qu’incombe cette tache, pas à un absurde "service d’ordre" spécialisé. Nous sommes tou-te-s capables de nous entraider, de pratiquer l’autodéfense collective, de nous protéger entre nous contre la police et ses différentes stratégies. Et nous le ferons.

Nous savons que nous avons choisi une voie particulièrement dure dans les temps que nous vivons, mais nous sommes convaincu-e-s qu’il s’agit du bon choix. Nos coeurs nous le disent, et peu importe ce qu’en diront les forces de répression ou les oligarchies.

Pour la révolte et pour la solidarité !


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