Ephéméride des luttes : 6 décembre

C’est bien sûr Alexis ou Malik qui viennent à l’esprit de cette éphéméride des luttes du 6 décembre, mais il sont loin d’être les seuls a avoir été assassinés par la police. D’ailleurs, certains leur rendent aujourd’hui la monnaire de leur pièce.

1916 : A Boston, les anarchistes italiens font sauter le commissariat de police situé sur Salutation Street.

1975 : A Londres, début du siège de Balcombe Street, qui durera six jours : suite à une fusillade, la police prend en chasse quatre militants de l’IRA, qui se réfugient dans un appartement du conseil sur Balcombe Street, prenant en otage les personnes qui s’y trouvaient. Ils exigent un avion pour être transportés en Irlande. Ce n’est que le 12 décembre que les militants finiront par se rendre, sans qu’il n’y ait aucun blessé.

  • Près de Killeen en Irlande du Nord, deux membres de l’IRA décèdent dans l’explosion d’une bombe qu’ils étaient en train de confectionner.

1977 : A Bergame, le groupe armé issu du mouvement autonome Prima Linea fait sauter une section locale du parti au pouvoir (la Démocratie Chrétienne).

1982 : A Ballykelly près de Derry, l’INLA (Irish National Liberation Army) fait sauter une charge explosive dans le Dropping Well Lounge Bar, fréquenté par des soldats britanniques : 11 d’entre eux décèdent, mais aussi 6 civils, ce qui en fait l’une des pires actions jamais menées par les groupes indépendantistes irlandais.

1984 : Deux membres de l’IRA sont abattus par l’armée à l’hôpital de Gransha de Derry.

1985 : En Belgique et en France, des attaques concertées des Cellules Communistes Combattantes (CCC) et de révolutionnaires français frappent le réseau des oléoducs de l’OTAN : les Cellules détruisent à l’explosif le relais de sécurité de Petegem mais ne parviennent pas à détruire le relais d’Huissignies, tandis que d’autres militants communistes révolutionnaires attaquent à l’explosif le Central Europe Operating Agency, le quartier général du CEPS situé à Versailles.

1986 : A Paris, le jeune Malik Oussekine est matraqué à mort par une équipe de voltigeurs de la police, alors que celle-ci est en pleine répression du mouvement étudiant contre la sélection à l’université. Par la suite, les voltigeurs seront abolis, même s’ils ont récemment refait surface dans plusieurs villes.

1989 : A Montreal au Canada, 14 étudiantes sont assassinées sur le campus de l’université lors d’une attaque anti-féministe meurtrière.

2000 : A Nice, c’est l’ouverture du "Sommet de l’Union Européenne", et du contre-sommet qui va avec. Si des affrontements ont lieu dans la ville, un peu comme d’habitude, la petite touche de nouveauté est que les gaz lacrymogènes pénètrent dans la ventilation de l’hôtel accueillant le sommet et parvient jusqu’aux chefs d’Etat réunis.

2008 : A Athènes, dans le quartier d’Exarchia, le jeune anarchiste Alexis Grigoropoulos est abattu par la police. C’est le début d’une grande révolte et d’une grosse série d’émeutes qui durera des années et qui commencera le soir même. Cet épisode est aussi celui qui mettre le feu aux poudres et lancera plusieurs années de contestation extrêmement violente, notamment contre les mesures d’austérité.

2010 : A Recuay au Pérou, près d’Ancash, de grandes mobilisations ont lieu contre l’octroi d’une concession d’exploitation minière à l’entreprise Centauro. Des barricades sont dressées sur la route principale et la manifestation vire à l’affrontement violent quand les forces de l’ordre viennent pour les déloger. La police, qui utilise des armes à feu, fait un mort parmi les manifestant-e-s. Il s’appelait Muñante Willy Cadillo Vergara.

2011 : A Athènes et à Thessalonique, affrontements lors des manifestations de commémoration de la mort d’Alexis. Un commissariat est notamment attaqué dans le quartier de Halandri à Athènes.

2012 : A Athènes et à Thessalonique, affrontements lors des manifestations de commémoration de la mort d’Alexis. Dans la ville d’Agrinio, de lourds affrontements ont aussi lieu.

  • A Athènes, deux engins explosifs/incendiaires sautent devant le domicile de l’ancien ministre Giannos Papantoniou. Ses deux véhicules ont été complètement détruits par le feu, et une partie de l’entrée de chez lui a été endommagée par les flammes. Revendiqué par ’Minorité combattante/Commando Alexandros Grigoropoulos’.

2014 : A Athènes, affrontements lors des manifestations de commémoration de la mort d’Alexis.

  • A Stockholm en Suède, un commissariat de police est attaqué au molotov et plusieurs de leurs véhicules incendiés.
  • A Helsinki en Finlande, des émeutes de 500 personnes ont lieu dans le centre-ville et les banques et grands magasins sont attaqués tout en combattant la police.
  • A Seattle et à Berkeley, c’est suite à la relaxe d’un policier là encore responsable d’avoir abattu une personne, Eric Gardner, que des affrontements éclatent. Plusieurs véhicules de police sont endommagés.

2015 : A Athènes, on ne change pas une équipe qui gagne : on fait prendre l’air aux molotovs et aux barres à mine lors de la manifestation d’anniversaire du meurtre d’Alexis par la police.

2016 : A Athènes, de nombreux molotovs volent de nouveau lors de la manifestation en mémoire d’Alexis, intense cette année.

2017 : A Rome, la ’Cellule Santiago Maldonaldo’ de la Fédération Anarchiste Informelle-Front Révolutionnaire International (FAI-FRI) faut sauter une bombe de 1,6kg devant la caserne de carabinieri du quartier de San Giovanni. La revendication explique que l’action est réalisée contre la répression et le nouveau décret Minniti qui fait la guerre aux réfugiés.

  • A Athènes, la désormais traditionnelle émeute-anniversaire a de nouveau lieu.

2018 : Ce sont les dix ans de la mort d’Alexis. On vous laisse imaginer le bordel.

  • A Foix, "Nocturnes" fait flamber le site d’Enedis (ex-EDF).

PS :

Voir aussi l’éphéméride anarchiste du 6 décembre.

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