Soirée de soutien aux inculpé.es antifascistes de Budapest

Le samedi 23 mars, des camarades italien.nes viendront faire un point de "l’affaire de Budapest", suivie d’une présentation de la BD "IN FONDO AL POZZO" de Zero Calcare sur cette affaire, d’une discussion, d’un repas et de plusieurs concerts à La Dar (127 rue d’aubagne).

Depuis désormais un an, deux camarades, Ila et Tobi, se trouvent imprisonné.e.s à Budapest et accusé.e.s d’avoir attaqué des nazis pendant le ’Jour de l’honneur’, une célébration qui se tient chaque année le 10 février et qui réunit des néonazis de toute partie de l’Europe. Suite aux événements de Budapest, un autre camarade italien, Gabriele, a été arrêté dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen (MAE) et attend d’être extradé vers la Hongrie. Deux autres camarades en Europe sont en attente de procédures suite à l’exécution du MAE. D’autres sont toujours en fuite et recherché.e.s.

Les conditions de détention punitives de deux copaines incarcéré.e.s et le cadre de l’enquête reflètent les récentes tendances répressives européennes qui indiquent une coopération de plus en plus forte entre les États en matière de contrôle et de répression.
Les États européens coopèrent également avec Israël dans le cadre des mandats d’arrêt internationaux et demandes d’extradition pour des palestiniens en Europe accusés de financer la résistance palestinienne ou d’y participer, comme le montre le cas de Mariam Abu Daqqa expulsée de la France en novembre dernier ou d’Anan Yaeesh, emprisonné depuis janvier dans la prison de Terni en Italie.
Dans le cadre de l’enquête sur les événements de Budapest, 14 mandats d’arrêt européens ont été émis et les services de police d’au moins quatre pays participent activement à la recherche et à l’arrestation des inculpé.e.s.

Cette opération s’inscrit dans le cadre plus large des actions répressives contre les mouvements antifascistes en Europe et notamment en Allemagne, avec le maxi-procès appelé Antifa Ost. Mais aussi en France où on parle de classer des groupes antifas comme organisations terroristes et où en novembre dernier le Conseil d’Etat a validé la dissolution du Groupe Antifa Lyon et environ (GALE).
La répression des individus et des groupes antifascistes est l’une des conséquences de l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite dans de nombreux pays européens, de l’Italie à l’Allemagne en passant par la France, et bien sûr la Hongrie, où le régime d’Orban est considéré comme un modèle à imiter en termes de gestion de la contestation interne et de contrôle des frontières. Alors que la crise économique et sociale s’aggrave et que la guerre fait rage sur plusieurs fronts à l’intérieur et à l’extérieur de l’Europe, les groupes neonazistes et neofascistes prolifèrent à l’interieur et à l’exterieur des institutions et les régimes d’extrême droite mènent des politiques de plus en plus dures visant à éliminer toute forme de dissidence et de rébellion.

Dans ce contexte, le rôle des médias est de soutenir la propagande de régime et de délégitimer toute pratique de résistance au pouvoir, en construisant l’image de l’ennemi intérieur à anéantir. Face à la rhétorique des médias et des tribunaux, il est nécessaire de soutenir les camarades accusé.e.s. La délégitimation et la criminalisation des pratiques antifascistes révèlent qui est le seul détenteur du monopole de la violence : l’Etat. La violence meurtrière exercée dans les prisons, dans les CRA, aux frontières, dans les quartiers populaires par la police est considérée comme légitime. Ceux qui relèvent la tête et résistent à cette oppression sont emprisonnés, expulsés, tués. On retrouve la même dynamique dans le conflit entre Israël et la Palestine : la violence coloniale de l’État israélien est présentée comme une légitime défense, tandis que la résistance du peuple palestinien, opprimé depuis des décennies, est constamment invisibilisée.

Il faut sortir de l’opposition entre violence et non-violence et poursuivre, avec des pratiques différentes, la lutte contre ceux qui oppriment, dévastent et colonisent.

Exprimer notre solidarité avec les antifascistes arrêtés signifie réaffirmer que nous nous opposons directement au fascisme, sans déléguer à l’État et aux institutions la tâche de nous protéger de la haine fasciste.


PROGRAMME DE LA SOIRÉE :

à La Dar, 127 rue d’aubagne.

17H : Point sur l’affaire de Budapest par des camarades italien.nes et présentation de la Bande Dessinée “IN FONDO AL POZZO” de ZERO CALCARE

avec 4 tables de presse, du comité de soutien aux inculpé.es, une table anti-carcéral, du collectif Marseille anti-cra et de l’antifa social club marseille.

20H : Cantine par Rouille Tambouille

21H-01H30 : Concerts avec DILOME, ELLIE COTTINO et DEPERCHE MODE (+guests)

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