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Un retour sur les deux « actes » du 2 février

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Samedi 2 février, c’était l’acte XII des gilets jaunes, mais c’était aussi (surtout) l’acte II de la manif pour le logement à Marseille. Une journée étrange, qui laisse un petit goût amer malgré quelques moments chouettes. Il y a du taf à faire pour revigorer nos manifs.

Cours Julien, 14h30, la manif pour le logement appelée par le collectif du 5 novembre s’ébranle en direction de la Préfecture. Elle est parsemée de nombreuses banderoles, celles de Noailles bien sûr, pour le logement, mais aussi une banderole dénonçant les violences policières portée par un petit contingent de gilets jaunes, et une banderole du collectif du 59 St Just, réclamant la prise en charge par le Département des mineur.es isolé.es étrangers. Pardon pour celleux que j’oublie.


Quelques centaines de mètre derrière la manif, sur le Cours Lieutaud, avance la manif de l’acte XII des gilets jaune. Elle était dédiée ce week end aux blessé.es et mort.es du mouvement et aux violences policières. On peut y voir de nombreuses personnes arborant des slogans en ce sens, ainsi que des personnes maquillées en blessé.es. Le deuxième cortège (2500 personnes ?) se rendra jusqu’au Vélodrome, alors que le premier descend selon un itinéraire déjà devenue classique (à l’image du syndical Vieux Port - Castellane). Cours Julien, Préfecture (enfin le carrefour rue de Rome - Salvator), rue de Rome jusqu’à la Canebière (prise de parole), descente de la Canebière jusqu’au Vieux Port (prise de parole), et le long du quai jusqu’à ... 100 m de l’Hôtel de Ville (re-prise de parole).

Bien que les prises de paroles étaient pour nombre d’entre elles de qualité, d’en avoir parsemé tout le cortège a induit une mollesse dans la manif assez insoutenable, d’autant plus que l’essentiel du cortège (4000 personnes ?) ne pouvait les entendre. Pourquoi ne pas en faire moins, à des endroits tel que le Vieux Port ou vers l’Hôtel de Ville où plus de personnes auraient pu se rassembler autour des intervenant.es ?


En parlant de l’Hôtel de Ville justement, l’« organisation » de la manif et son service d’ordre ont décidé de ne pas s’en approcher. Par crainte des « débordements » ? Quitte à ne pas aller devant l’Hôtel de Ville, autant ne pas y aller du tout et se rendre autre part, parce que s’arrêter à 100 m, franchement ça craint. V’là la cogestion de la colère ! Bien entendu plusieurs centaines de personnes se sont tout de même rassemblées devant l’Hôtel de Ville et ses nombreux chiens de garde, laissant politicien.nes et journalistes derrière. Ambiance bizarre, alors que cela promettait d’être la plus grosse manif depuis plus d’un mois à Marseille, le cortège gilet jaune est au Prado, et la manif pour le logement est coupée en deux, ne sachant trop que faire.

Finalement la manif repart en direction de la rue Paradis, récupérant les personnes restée en arrière, mais surtout restées sur leur faim. Première crispation des keufs à l’entrée de la rue Paradis, suite à des jets de peinture bien placée. C’est alors qu’on aperçoit le cortège gilet jaune au loin ! Les deux cortèges se rejoignent en liesse et déambulent dans les rues avant de rejoindre le Vieux Port, flanqués par d’importants cordons de flics. Bien qu’ils ne tentent pas de gazer la manif, la police la joue « à l’allemande ». Ils flanquent les deux côtés de la manif, en gros effectif, sans que rien ne soit/puisse être fait pour se donner un peu d’air. Ambiance particulièrement oppressante dans ces rues étroites, qu’heureusement quelques scènes de queu-leu-leu débridées derrières eux et les pitreries de l’infatigable brigade rose arrivent tant bien que mal à égayer.

Arrivée·s sur le Vieux Port, un faf enthousiaste de la quenelle de se fait dégager sans ménagement. Une autre personne ayant eu des propos sexistes s’est également fait fermement jeté hors de la manif. Le cortège, encore fort de plusieurs milliers de personnes remonte la Canebière, égayant ses tristes accompagnants de quelques pétards et œufs de peinture. Arrivé au Réformés, il remonte vers la gare, qu’il trouve fermée. Alors que les flics se précipitent pour bloquer les autres entrée, les portes fermées du côté des grands escaliers du boulevard d’Athènes sont laissées dans défense, ni une ni deux l’une d’entre elle est rouverte vigoureusement, mais, trop lente, la manif n’a pas le temps de s’y engouffrer avant d’être repoussée par une charge.


Une grenade est lancée, elle roule sous une voiture pour arriver à côté d’une poussette, sans exploser. Aussitôt des manifestant.es s’élance, prennent le risque de la shooter un peu plus loin et se placent autour des occupant.es de la voiture pour éviter qu’iels soient blessés. Puis les flics s’élancent pour « sécuriser » la grenade. La scène est cocasse, manifestant.es et flics travaillant presque ensemble pour éviter qu’une grenade ne blesse quelqu’un.e. Si ce n’est que ce sont bien les flics qui ont lancé cette grenade, et qu’ils sont responsables de dizaines de mutilations.

Après quelques charges, le cortège est scindé en deux, puis se rejoint dans la descente vers les Réformés, dans laquelle il est à nouveau divisé par des charges. Les Réformés sont bouclés de part et d’autres par des lignes de CRS, la manif est en ordre dispersé. Quelques CRS tentent une interpellation, rouant de coups une personne qui parvient malgré tout à s’échapper en cabriolant. Selon cette vidéo, il semblerait qu’un flic dépité lui ait tiré dessus au LBD 40 alors qu’il s’échappait, malgré les déclaration de la police qu’« aucun tir de LBD 40 n’a été effectué hier après-midi ». Ok, techniquement c’était le soir...

Des manifestant.es continueront en descendant la Canebière, mais pour la plupart, la manif est finie. Selon la Provence, il y aurait eu 6 interpellations.

Un samedi de plus, quelques beaux moments, quelques opportunités, mais surtout une impression de n’avoir pas fait grand chose. Entre le flanquage des keufs qui nous paralyse, le manque de rapidité par moment qui empêche d’atteindre des objectifs avant eux, et l’absence de moyen de résister à des charges au contact, il y a pas mal d’aspects stratégiques à revoir.


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