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Arrestations en Italie et en Grèce suite au 1er mai à Milan

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Dans la matinée du 12 novembre, une série de perquisitions a été menée dans plusieurs pays de l’UE contre des personnes soupçonnées d’avoir participé aux manifestations du 1er mai à Milan.

Nous apprenons de diverses sources (Informa-azione, Infoaut, etc) qu’une dizaine de personnes ont été arrêtées en Italie et en Grèce suite aux enquêtes menées après la manifestation du premier mai à Milan. Les policiers se basent sur des films et des relevés ADN, et l’agence Eurojust (sic) aurait été chargée de coordonner les opérations au niveau européen. 4 personnes auraient été arrêtées à Milan et une autre n’était pas présente chez elle au moment des perquisitions. On parle aussi de 5 autres personnes en contrôle judiciaire.

Selon Indymedia Athènes, des perquisitions ont eu lieu dans plusieurs lieux d’habitation, où 5 étudiants et travailleurs du quartier de Aghia Paraskevi ont été arrêtés sous le coup d’un mandat d’arrêt européen. La mairie du quartier a été occupée en solidarité avec les personnes arrêtées, et l’assemblée des habitants du quartier a fait un appel à rassemblement de solidarité. Une réunion a lieu dans les locaux de Polytechnique ce 13 novembre, tandis que le procès des 5 personnes a lieu ce même jour. L’Italie demande leur extradition.

Comme d’habitude, les journaux de la ’grande presse’ parlent d’une ’organisation internationale’ et s’étendent largement, portrait des camarades accusés en pleine page, sur leur ’dangerosité’.

Ci-dessous le communiqué de camarades de Milan, que nous traduisons en français :

L’EXPO N’EST PAS FINIE, SOLIDARITE AVEC LES CAMARADES TOUCHE-E-S PAR LA REPRESSION.

La fête est finie : après 6 mois, le grand événement est arrivé à son terminus, mais les festivités telles que les applaudissements, les embrassades et les compliments ne sont apparamment pas terminées. Les images des jeunes volontaires exploités qui font la fête au milieu des stands de foire après des mois de bénévolat difficile resteront gravées dans les têtes. Champagne et musique, le bon mix pour fuir la réalité et le futur qui les attend, une reconnaissance due à celles et ceux qui ont permis à ces messieurs de l’Expo d’économiser un max de fric.

Combien nous manqueront les articles de journaux pro-Expo, les files d’attente interminables, les gossip sur le stand du Japon et cette même phrase que l’on entendait partout dans le métro, dans les bars, dans les pars, à l’université, au travail : "Je n’ai rien réussi à voir, mais les lumières étaient super et puis il y avait plein de gens, ça valait le coût !"

Et à présent arrive le moment de payer la note pour celles et ceux qui, ce Premier Mai, avaient décidé de ne pas suivre l’orchestre et de se rebeller en gâchant la fête de l’Expo. Les yeux du monde étaient fixés sur la capitale économique italienne et ce qui devait être la plus grande expression du modèle Renzi s’est vu obscurcir par la rage et par les émeutes qui ont secoué Milan ce jour-là.

Dix personnes, à Milan et en Grèce, ont été arrêtées sous les lourdes accusations de dévastation et pillage, résistence aggravée à personne dépositaire de l’autorité publique et pour s’être caché le visage. Cinq autres personnes sont mises en cause, mais laissées libres.

On a vu ceux qui se sont indignés en se faisant passer pour des sociologues de la révolte, ceux qui ont marché le jour suivant armés d’éponges qui trouvaient indigne que les murs de ces palais seigneuriaux soient recouverts de tags et ont se sont dressés en défense de la propriété : pour la vitrine tombée d’une banque ou une auto de luxe en flammes. Pour notre part, nous nous souvenons de la violence médiatique qui a contraint des milliers de jeunes à travailler gratuitement pour l’Expo dans l’espoir de se voir gratifier une expérience à pouvoir insérer dans leur CV. Nous nous souvenons des appels d’offre truqués, de la consommation du sol, de la farce de la nourriture pour la vie, des arrestations qui ont mené au changement des boss de l’Expo, des oeuvres inutiles comme La BreBeMi et la Tem. De tout cela, les médias et les bien-pensants n’ont pas parlé, et ils n’en parleront jamais. Tout comme ils ne parlent pas de l’attque contre l’école, de l’étouffement préventif de quatre grèves par la réquisition obligatoire, des expulsions contre les pauvres des quartiers populaires, le vide et la destruction de toute appartenance et de lien réel qui laisse les individus seuls face au monde, catapultés dans une compétition permanente entre êtres vivants qui sont tous pires les uns que les autres. Parce qu’il faut le dire : la révolte du Premier Mai est aussi existentielle, signe des temps que nous vivons.

Cette opération vise à frapper ceux qui chaque jour, au milieu de mille difficultés, cherchent avec force et courage de construire des possibilités de vie différente, d’arracher cette dignité qui est piétinée au nom du profit. A présent, notre tâche consiste à ne pas laisser seuls les camarades frappés par cette répression, de ne pas faire un pas en arrière dans les luttes que nous menons et recommencer à partir de là, parce que l’Expo n’est pas finie. Le grand événement continue à exister en tant que modèle de gouvernement et de légitimation de toutes les dégueulasseries de cette partie de la société qui siège dans les hauteurs et se distribue les charges et les opportunités en spéculant sur la peau des pauvres gens. Ce n’est pas un hasard si le préfet Tronca (le shérif de l’Expo) a été transféré à Rome dans la peau de Commissaire Spécial pour garantir le bon déroulement du Jubilée Romain, un modèle Expo à exporter pour une autre occasion à prendre d’améliorer un dispositif de contrôle et faire grossir toujours plus les poches des créatures des palais et des spéculateurs.

Les luttes ne s’arrêtent pas, et ce qui a dévasté et pillé Milan, c’est l’Expo.

Liberté pour tous et toutes !

Des rassemblements de solidarité ont déjà eu lieu dans plusieurs villes de Grèce et d’Italie.

Nous actualiserons cet article lorsque nous disposerons de plus d’informations.

Solidarité internationale !

Ci-dessous, les adresses des camarades incarcérés en Italie :
Alessio Dell’Acqua
Niccolò Ripani
Edoardo Algardi
Andrea Casieri

C.C. San Vittore
Piazza Filangieri, 2
20123 Milano


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