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Ephéméride des luttes : 10 mai

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Dans l’éphéméride des luttes, le 10 mai a une place explosive. Aujourd’hui, beaucoup de monde joue avec la chimie et la poudre, parfois pour rappeller leurs engagements à certains. Et globalement, les fascistes (et tous leurs dérivés) nous font sacrément chier.

1857 : En Inde, révolte des cipayes contre la compagnie anglaise des Indes. Le soulèvement populaire s’empare du nord et du centre de l’Inde et ne sera maté qu’en 1858.

1876 : A Marseille, naissance de Victor Méric, journaliste anarchiste antimilitariste. Il participera à Paris au journal Le Libertaire et à La Guerre Sociale. Plus tard, il rejoindra le PC et se dissociera de la Bande à Bonnot.

1920 : Les dockers Anglais refusent de charger les armes dans les navires de guerre affrétés pour éviter que les troupes anglaises aillent combattre la Russie révolutionnaire.

1933 : En Allemagne, début de la campagne de destruction de livres jugées subversifs dans les flammes par les autorités nazies.

1951 : A Pampelune, en plein régime franquiste, une grève générale est décrétée.

1968 : A Paris, nouvelle nuit d’émeutes, qui gagnera le nom de Nuit des Barricades. 20.000 personnes occupent le quartier latin, la rue Gay-Lussac est le théâtre d’affrontements énorme : 367 blessés (dont 251 policiers), 469 arrestations, 188 voitures incendiées ou détruites. Juste à ce moment-là, dans le théâtre de la salle de la Mutualité, Léo Ferré chante Les anarchistes pour la première fois. L’ampleur de cette soirée d’émeute propulse les organisations syndicales à rejoindre le mouvement et à annoncer la grève générale dès le 13 mai.

1970 : - Plusieurs bombes sont retrouvées dans des avions de la compagnie aérienne Ibéria, à Londres et dans d’autres villes européennes, contre les intérêts économiques franquistes. Les actions de ce type était très souvent coordonnées par la Fédération Ibérique de la Jeunesse Libertaire et par le groupe anarchiste Primero de Mayo.

- A Washington, le Weatherman, groupe armé issu des luttes étudiantes et des luttes contre la guerre du Vietnam, fait sauter le siège de la garde nationale à l’explosif.

1978 : - A Toulouse, des opposants à la collaboration nucléaire entre la France et l’Iran placent trois charges explosives contre autant de bâtiments d’EDF. Extrait du communiqué :
« Quand l’ambassadeur du Shah est là, nous empêchons d’atomiser en rond. Le match France-Iran en prélude à la coupe du monde de football se dispute aujourd’hui à Toulouse et l’importance qui est donnée (dispositif policier, ambassadeur, médias) met à jour les intérêts économiques, nucléaires et militaires liant la France à l’Iran. C’est d’un véritable imbroglio dont il s’agit. Les ingénieurs d’EDF collaborent avec ceux du CEA qui font des recherches sur la bombe à neutron et avec ceux de Framatome qui livrent à l’Iran de quoi fabriquer la bombe atomique. L’armée française intervient au Tchad, au Liban, au Sahara occidental…  »

- A Milan, Prima Linea et les Formations Communistes Combattantes revendiquent conjointement d’avoir tiré dans les jambes du directeur de Montedison Francesco Giacomazzi.

1981 : - Élection de François Mitterrand à la présidence de la République, notamment grâce à ses promesse d’en finir avec le nucléaire (ce qu’il ne fera évidemment jamais).

- Le soir même, à Auvillar en Aveyron, 13 engins de l’entreprise Bec, qui travaille sur le site de la centrale nucléaire de Golfech près de Toulouse, partent en fumée pour rappeler au ’camarade Mitterrand’ ses engagements. Revendiqué ’Bec est tombé sur un os’ :

« Notre camarade François Mitterrand qui vient enfin d’être élu président de la République s’est montré à plusieurs reprises favorable à l’adoption d’un moratoire sur le problème de l’énergie nucléaire et sur l’abandon pur et simple des projets Plogoff, Chooz et Golfech. Soucieux de lui apporter notre plus fervent soutien, nous nous sommes dépêchés à Auvillar afin d’immobiliser sans plus tarder 13 scrappers et catterpillards destinés à l’assainissement du site de l’éventuelle centrale de Golfech. Par avance nous remercions les pouvoirs publics, le Conseil général et les entrepreneurs intéressés de bien vouloir comprendre notre toute nouvelle ardeur civique.
Notre réponse :
- Les “antinucléaires” est une signature inventée par la presse. Elle nous dépasse largement et ne nous recouvre que partiellement ; cependant quelques précisions s’imposent :
- Aux antinucléaires locaux : Nous ne vous assimilons pas à nos méthodes, vous n’avez pas à dénoncer nos moyens. Une action qui réussit n’est pas forcément le fait de spécialistes. Le transfert des scrappers du site sur l’autoroute pourrait favoriser “l’arrêt immédiat des travaux sur site”.
- Aux entrepreneurs (adhérents de l’ARSEN) : Vous connaissiez depuis longtemps les risques encourus. La victoire de F. Mitterrand vous aura même évité des dégâts plus conséquents, Giscard réélu, nous aurions assurément mis toute la “gomme”.
- Aux ouvriers temporairement licenciés : Votre colonne vertébrale préfère peut-être un mois de repos avec salaire garanti plutôt qu’un mois sur un scrapper. Et pourquoi s’être tus la semaine dernière quand vos camarades de l’entreprise Ducler recevaient leur lettre de licenciement ? Inutile de demander une protection, jamais personne n’a cherché à vous atteindre. Par contre, nous n’avons pas le même respect pour vos outils de travail, à plus forte raison lorsqu’ils sont utilisés à des tâches nuisibles.
- Aux catholiques : Nous sommes étrangers à la “provocation” qui a failli tuer Jean-Paul II. »

2005 : A Tbilisi en Géorgie, Vladimir Arutyunian lance une grenade en direction de George W. Bush, mais la grenade n’explose pas, car la manette est bloquée par le bonnet dans lequelle elle était cachée.

2016 : En France, le gouvernement utilise l’article 49.3 de la constitution pour faire passer en force la Loi Travail, sans vote au Parlement et au mépris des deux mois de mobilisation précédente. Des manifestations spontanées ont lieu dans de nombreuses villes et des affrontements ont lieu à Nantes, Toulouse, Paris, Grenoble, Montpellier... Le Parti Socialiste se fait défoncer les vitrines à Dijon, Caen, Lyon, Montpellier et d’autres. A Marseille, plus d’une dizaine de fourgons de police nassent l’assemblée générale de 13 en Lutte, avant qu’une manifestation sauvage ne parvienne à parcourir les rues du centre-ville malgré la présence policière.

P.-S.

Voir aussi l’éphéméride anarchiste du 10 mai.


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