Liberté pour Jennifer ! À diffuser et lire le 8 mars !

Bonjour à tou.te.s,
Nous vous faisons suivre le tract de soutien à notre amie Jennifer, femme trans incarcérée à Toulouse, ainsi qu’une infographie sur la situation des femmes trans en prison en France. Merci de les diffuser au maximum dans vos réseaux, et nous vous invitons à les lire publiquement lors des événements du 8 mars et au-delà, de les imprimer, de les distribuer, de les afficher, de les lire à la radio, et de les partager sur les réseaux sociaux accompagnés du hashtag #freejennifer.
Solidarité féministe avec les personnes trans incarcérées !
Liberté pour Jennifer !

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Liberté pour Jennifer

Notre amie est en prison !


Nous sommes ici pour porter la voix d’une femme, que vous avez peut-être croisée dans les rues de Toulouse, et qui ne vous aurait pas laissé.es indifférentEs. Cette femme, c’est notre amie Jennifer, une militante pute, queer et célébrité de quartier. Jennifer n’a peur de rien, c’est une militante qui chassait les putophobes à coup de gode, une sublime blonde avec la jupe la plus courte de tout Belfort, mais aussi notre sœur, notre amie, notre girlfriend. Si aujourd’hui elle ne peut parler en son nom c’est parce qu’elle est incarcérée depuis 9 mois à la prison de Seysses dans la pire des conditions : en isolement dans la prison pour hommes. Jennifer est placée en détention provisoire, elle est poursuivie pour tentative d’homicide contre l’homme qui l’avait violée quelques jours avant. L’accusation de viol n’a d’ailleurs pas été retenue par cette justice sexiste, transphobe et putophobe.

Ses conditions de détention ne sont pas vivables !


En l’attente de son jugement, l’administration pénitentiaire, sous couvert de "sa sécurité" a préféré l’enfermer seule dans 9m2. On rappelle que l’isolement est une mesure punitive atroce et déshumanisante. Elle n’a aucun contact en dehors des matons et des parloirs et souffre de transphobie. Plusieurs de ses proches n’ont pas eu de permis de visite pour aller la voir. La prison lui bloque l’accès à certains produits comme un simple lecteur DVD ou du maquillage sans aucune raison. Ces conditions de détention indignes et maltraitantes pèsent inévitablement sur sa santé physique et mentale.

Sortons Jennifer de l’isolement !


Aujourd’hui, en cette journée du 8 mars, nous réclamons justice pour Jennifer, et pour toutes les personnes trans’, putes incarcérées. On rappelle que le 8 mars est la journée internationale de lutte pour les droits de toutes les femmes qu’elles soient putes, trans etc. Nous sommes là pour hurler « on vous croit, on vous soutient, on vous aime », c’est aux violeurs d’avoir peur !!!
Nous voulons sortir Jennifer de l’isolement, au sens propre comme au figuré, alors racontons son histoire, écrivons-lui, soutenons-la, envoyons-lui de l’argent...
Ne laissons pas la prison nous séparer de nos sœurs ! Toutes ensemble crions : free free Jennifer !

Pour plus d’informations, pour savoir comment lui écrire ou la soutenir, vous pouvez envoyer un mail à solidaritejennifer@riseup.net ou joindre le Co.S.Co, Comité de Solidarité entre Copines.

Femmes trans en prison 2021, France

Les droits humains fondamentaux des détenu-es ne sont généralement pas respectés en prison. Pour les femmes trans, le risque de privation de droits est exacerbé par la transphobie. Il y a un gros manque d’informations sur les conditions de détention des personnes trans en prison en France. Malgré tout, voici un résumé de nos recherches.
Combien de personnes transgenres détenues ?
D’après le ministère de la justice : 15 à 30 personnes
Autres estimations * : 100 à 200 personnes

Réalités des femmes trans incarcérées :
• risque de mauvais traitement exacerbé par la transphobie du milieu carcéral
• Genre non respecté
• Réassignation à l’identité civile ≠ identité genre
• Abus physiques et sexuels de la part des autres prisonniers et du personnel de la prison
• Refus d’accès à des vêtements
• ou objets adaptés pour la prisonnière
• Privation des traitements
• médicaux adéquats (traitements hormonaux, ajustement des dosages)

Qu’est-ce que l’isolement ?

L’isolement constitue une mise à l’écart du reste de la population générale. D’ordinaire, y sont placées les personnes impliquées dans des affaires terroristes et de grand banditisme.
C’est un « emprisonnement dans la prison » selon la Cour européenne des droits de l’homme. (CEDH, 4 juill. 2006, Ramirez Sanchez c. France)
Le Comité de prévention de torture du Conseil de l’Europe recommande qu’il soit le plus court possible. La CNCDH [1] appelle “torture blanche” l’isolement de longue durée.


Réalités de l’isolement

• Réduction de l’accès aux services,
• ressources, privilèges (téléphone) et absence
• d’interactions sociales (promenade seule dans une cour petite et grillagée)
• Refus d’accès à des ressources disponibles pour la population générale
• de la prison (formations, professionnelles, médicaments, occupations, travail)
Conséquences :


  • Altération des sens

  • Déstabilisation des repères spatio-temporels
  • Décompensation psychologique
    (IPJ News, article 7 juin 2019)

Quelles sont les conditions de détention des femmes trans ?

Les femmes trans sont souvent incarcérées dans les prisons pour hommes.
En théorie, la loi française préconise que les personnes transgenres soient incarcérées en fonction du sexe qui est inscrit sur leurs papiers d’identités.
Dans les faits, chaque établissement décide de leur affectation comme il le souhaite. Cette décision est souvent faite après inspection des organes génitaux.
Elles sont alors séparées de la population générale de la prison, soit dans un quartier spécifique (exemple à Fleury Mérogis), soit placées à l’isolement.
(HuffingtonPost, article du 18 juin 2019)

Notes :

[1CNCDH : Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme

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