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Conseils à l’attention des personnes blessé.es par la police et leurs proches

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Après les déchaînements de violence policière de ces dernières semaines, il semble pertinent de publier ce petit tutoriel rédigé par le collectif Désarmons-les.

Le moment de la blessure / premiers réflexes

Vous avez été blessé-e…

Si vous êtes conscient-e, mettez-vous à l’abri mais ne vous isolez pas. Si vous êtes seul-e, attirez l’attention sur vous, sans trop vous agiter. L’énervement et le stress agissent sur votre organisme et augmentent les effets du gaz lacrymogène. Si l’air n’est pas encombré de gaz, respirez profondément et régulièrement. Hydratez-vous autant que possible.

Ne cherchez pas à être secourus par les policiers, tournez-vous plutôt vers les personnes se trouvant à proximité de vous.

On ne sait pas forcément ce qui nous a blessé (quelles arme ?) et qui nous a blessé (quel policier ?). Il faut garder à l’esprit que ce n’est pas parce qu’on a été touché par un tir de police qu’on a commis une faute.

Vous êtes à proximité de la personne blessée…

Accompagnez ou porter la personne blessée vers un endroit calme et sûr. Faites bien attention à ne pas toucher, heurter ou appuyer sur les parties du corps impactées.

Écartez les curieux et les photographes, ne laissez pas la personne blessée seule avec des policiers. Ne laissez pas plus de trois ou quatre personnes autour de la personne blessée.

Si la blessure est grave (plaie profonde, fracture ouverte, destruction d’un membre), ne tentez pas d’accomplir des actes médicaux sur place si vous n’êtes pas médecin de profession. N’appliquez rien sur la blessure dont vous ne connaissez pas les effets.

Nettoyez autour de la blessure, tout en maintenant le corps de la personne immobile.

Assurez vous que la personne blessée reste consciente et qu’elle ne délire pas. Ne lui mettez pas de claques et ne la brusquez pas (on n’est pas dans un film). Demandez lui comment elle se sent, identifiez là par un prénom ou un pseudonyme, essayez de savoir son âge, sa ville de résidence et si elle peut désigner une personne de confiance.

A l’hôpital

Vous avez été blessé-e…

Si vous êtes conscient-e, assurez-vous que le service qui vous prend en charge est apte à opérer votre blessure (les blessures occasionnées par les Lanceurs de Balles de Défense (Flashball, LBD 40, Penn Arms) ou les grenades sont des blessures de guerre qui ne peuvent pas être opérées dans n’importe quel service d’urgences).

Précisez immédiatement aux médecins qui établissent les premiers certificats médicaux qu’il s’agit d’un tir de police et demandez que la cause et la nature de l’arme y soient indiquées (« balle de caoutchouc de type Flash ball » ou « plot / éclat de grenade »).

Insistez pour garder avec vous les copies du certificat médical initial précisant la nature et les causes de la blessure ou demandez que toutes les pièces du dossier médical soient copiées et confiées à un proche qui vous accompagne ou qui vient vous rendre visite.

Demandez avant toute opération, tout geste, à ce que les résidus de grenade (éclats ou autre) soient conservés et certifiés par le médecin/chirurgien qu’ils proviennent bien de votre corps. Ainsi, la cause de votre blessure ne pourra pas être remise en question (la police tente la plupart du temps de faire croire que la blessure ne vient pas d’une de ses armes).

Si les policiers veulent rester dans votre chambre d’hôpital ou vous poser des questions, refusez
, ne leur dites rien tant que êtes hospitalisé-e et sous l’effet de médicaments altérant vos capacités (anesthésie, morphine, opiacés…). S’ils insistent ou s’imposent, exigez d’un-e responsable de service de l’hôpital de leur refuser l’accès. Demandez à vos proches de vous aider à les tenir éloignés de vous.

Confiez les vêtements et effets personnels que vous aviez lors de l’incident à une personne de confiance pour qu’elle les mette à l’abri ailleurs qu’à l’hôpital ou à votre domicile.

Vous êtes proche de la personne blessée…

Assurez-vous que le personnel de santé prenne en charge la personne blessée dans les meilleures conditions. Aidez-là à obtenir et conservez précieusement toutes les copies des pièces du dossier médical (bilan initial, images médicales, analyses, certificats médicaux…).

Intervenez pour que seul-es ses proches et soutiens accèdent à sa chambre d’hôpital, refusez l’accès aux policiers et aux journalistes. Rappelez au personnel hospitalier (secrétaire, infirmier, médecin) qu’il est tenu au secret médical et qu’il ne doit pas répondre aux questions des policiers. Assurez-vous que les vêtements et effets personnels de la personne blessée soient mis à l’abri au plus vite, ailleurs qu’à l’hôpital ou à son domicile, notamment si ils portent les marques de l’incident (sang, traces…) : ne laissez pas les policiers saisir des effets qui pourraient constituer des preuves à charge ou à décharge, précieuses pour la suite.

En accord avec le personnel médical, apportez à la personne blessée ce dont elle a besoin pour vivre au mieux son hospitalisation.

Ne prenez aucune initiative (interviews, actions…) sans en référer au préalable à la personne blessée. Assurez-vous de ne pas révéler son identité publiquement avant qu’elle n’en aie fait le choix par elle-même et après avoir été en capacité d’y réfléchir à tête reposée et sans être sous l’effet de médicaments.

Lire la suite sur Désarmons-les !.

  • A votre sortie de l’hôpital / suites psychologiques
  • Face aux media
  • Les suites juridiques
    • Vous voulez poursuivre le policier = plainte au pénal
    • Si le procureur classe sans suite ou garde le silence = constitution de partie civile
    • Vous voulez poursuivre l’état = requête administrative
    • Vous voulez être indemnisé-e par le biais d’un fonds de garantie = demande à la CIVI

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