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Il y avait masse contre le mur !

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Entre 1500 et 2000 personnes ont répondu, samedi 24 novembre, à l’appel aux masses contre le mur de la Plaine et la politique de la ville de Marseille. A la détermination des habitant.e.s du quartier à faire entendre à la Mairie que personne ne veut du chantier de la Plaine, la préfecture a répondu par le grotesque d’un dispositif policier surréaliste...

  • 2 personnes condamnées à 4 mois ferme

    Deux personnes ont été arrêtées samedi soir lors de la manif au niveau du Cours Julien. Lundi, en comparution immédiate, elles ont été condamnées à 4 mois de prison ferme sans mandat de dépôt (aménageable) pour violences sur flics.

Rendez-vous avait été donné à la Mairie pour se rassembler et se déguiser pour faire sa fête au Mur. Une foule bigarée s’y s’est retrouvée. Prises de parole et lecture du tract "Appel aux masses" face au lourd dispositif policier mis en place pour protéger Gaudin et sa Mairie. Le cortège s’ébranle direction la Canebière en suivant la grosse massette en papier maché de 8 mètres de long et la banderole de tête rappelant à la Ville la raison de cette manifestation : «  20 millions pour détruire la Plaine, pas une thune pour sauver Noailles, à qui profite le crime ? ». Et aux cris de « Gaudin assassin », de « Nous sommes tou.te.s des enfants de la Plaine », de « Arrêt immédiat du chantier ! » et de « Noailles, la Plaine, solidarité ! », de nombreux opposant.e.s lèvent bien haut leurs symboliques massettes en mousse en direction de l’hélicoptère policier que la Préfecture apeurée a décidé de faire tourner pour surveiller les Marseillais.es.



Devant la Soléam, au 49 de la Canebière, halte est faite, et pendant les nouvelles prises de parole (de gens de Noailles notamment), un mur en parpaing est érigé sur la chaussée face aux bureaux depuis lesquels Gérard Chenoz, élu municipal adjoint à l’urbanisme, planifie la destruction des quartiers populaires au profit de ses amis les touristes. Une trentaine de parpaings sont cimentés, un mur symbolique est érigé, les manifestant.e.s repartent ragaillardi.e.s sous l’oeil médusé des dizaines et dizaines de CRS venus protéger Chenoz.

La déambulation remonte traquillement vers le Cours-Julien. C’est à ce moment-là qu’elle est attaquée par les flics qui gazent entièrement la place et arrêtent 2 personnes. Le cortège ne laisse pour autant pas entamer sa détermination et marche direction la Plaine. Au pied du mur, la flicaille se dit que décidément la place lui appartient désormais et commence à gazer sévèrement. En retour, quelques bouteilles en verre volent sur eux, et c’est sans aucun doute mérité ! Les habitant.e.s et opposant.e.s au projet résistent plusieurs minutes aux charges policières par la construction de petites barricades et le cramage de 3 pauvres poubelles. C’est le temps de la dispersion. Et c’est l’heure de la Bac : comme lors de la marche de la colère du novembre suite au drame de la rue d’Aubagne, ça tabasse dans les petites rues adjacentes, ça tente d’instaurer une petite terreur...



Ne cédant rien à la provocation des Baqueux, la soirée se prolonge tranquillement et jusqu’à tard Cours Julien autour de crèpes, d’une table de presse et d’un open mic hip-hop endiablé.

Détermination du quartier et grotesque policier

Ce que chacun.e pourra retenir de cette manifestion, c’est que le quartier ne décolère pas, c’est que près de 2000 personnes ont marché contre le mur de la honte imposé aux habitant.e.s comme le chantier a été imposé. C’est aussi que, si le mur n’est pas tombé ce 24 novembre, il tombera dans les jours, semaines ou mois à venir. Et qu’un jour ou l’autre le chantier sera arrêté, car les habitant.e.s de la Plaine ne laisseront jamais tombé. La colère n’est que plus forte, jour après jour...

Et le grotesque du dispositif policier élaboré par le préfet Olivier de Mazieres n’échauffe que plus les esprits. Beaucoup de gens maronnaient contre l’hélicoptère qui a survolé le cortège pendant toute la déambulation : « Combien de millions encore dépensés pour leur chantier de merde ? », « Ils ont vraiment peur, ou quoi ? » Sans parler des centaines de flics déployer pour protéger Mairie, Soléam et mur. De Mazieres voulait protéger ses amis Gaudin, Chenoz et les bétonneurs de NGE, il n’y ait pas allé de main morte... Pensait-il seulement que les habitant.e.s serait assez fraka pour aller attaquer le mur à coup de masse géante en papier maché et de leurs répliques modèle réduit en mousse... On savait la Mairie et ses officines en rénovation en guerre contre les habitant.e.s de Marseille, on a la certitude maintenant que la Préfecture l’est aussi...

La Mairie de Gaudin chutera, la Soléam s’effondrera, la préfecture (qui a un arrêté de péril depuis 2013) suivra !
Le mur doit tomber. Le mur tombera !

P.-S.

Photos glanées sur internet...


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