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Les sénateurs argentins rejettent la légalisation de l’avortement

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Les sénateurs ont rejeté, jeudi 9 août, la légalisation de l’avortement approuvée par les députés en juin dernier. 38 sénateurs ont voté non, 31 ont voté oui et deux se sont abstenus, selon les résultats officiels.

Il y a presque deux mois, le projet de loi visant à dépénaliser l’avortement jusqu’à quatorze semaines de grossesse franchissait l’obstacle de la Chambre des députés, après un débat marathon de 23 heures sans interruption, avec une poignée de voix : 129 pour, 125 contre. Aujourd’hui il bute contre celui du Senat.

En Amérique latine, seuls deux pays et une région autorisent l’interruption volontaire de grossesse sans condition : Cuba, l’Uruguay et l’État de Mexico. En revanche, six pays l’interdisent quasi totalement. Les autres se situent au milieu du gué. Comme l’Argentine, qui considère depuis 1921 l’avortement comme illégal sauf en cas de viol ou de risque pour la vie ou la santé de la femme. En dehors de ces circonstances, une femme encourt de une à quatre années de prison.

Comme le souligne Geneviève Garrigos, « le problème de cette loi est que la pénalisation n’empêche pas les femmes d’avorter, puisqu’il y a environ 500 000 IVG recensées chaque année dans le pays, sans doute davantage en réalité, mais qu’elle leur met des bâtons dans les roues, qu’elle renforce les inégalités et met leur vie en danger ». En effet, de nombreux médecins n’informent pas les femmes qui viennent les consulter de la possibilité d’avorter dans les cas prévus par la loi existante, et certains demandent même un ordre judiciaire pour pratiquer l’intervention, ou alors la refusent au nom d’une « clause de conscience » qui n’existe pas légalement.

De plus, comme c’est fréquemment le cas dans les pays qui restreignent le droit à l’avortement, les femmes issues de milieux aisés, riches ou connectés n’ont pas de problème à se faire avorter dans des cliniques privées. En revanche, celles qui sont pauvres, vivent à la campagne ou sous le joug de leur famille n’ont aucun choix, et mettent leur vie en danger en recourant à l’automédication abortive ou à des techniques encore pires. La volonté d’améliorer la santé des femmes s’est d’ailleurs révélée être un des arguments les plus porteurs dans le débat qui s’est déroulé à la Chambre des députés, permettant de recueillir les voix d’élus catholiques ou conservateurs qui, même s’ils continuent de s’opposer à l’avortement, ont accepté de voter en faveur de la nouvelle loi.

Si la campagne en faveur de la légalisation a gagné en vigueur et est parvenue à faire déposer une loi, c’est grâce à une nouvelle génération de militantes et à une prise de conscience croissante des violences faites aux femmes. L’Argentine, comme d’autres pays d’Amérique latine, s’est (lentement) éveillée à la question du féminicide qui gangrène sa société. Après des années à ne pas vouloir voir ou à ignorer ces crimes, les gouvernements se sont retrouvés confrontés à de vastes et puissants mouvements de rue qui les ont interpellés sur cette question.

Infos reprises du site "Mediapart"


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