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Marseille : Anti-squat

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Le monde merveilleux des agences anti-squat...

Résidence idéalement située, vous trouverez à proximité le Vieux-port, la Canebière, le centre bourse etc. […] à partager sous format Co-occupation. Bon état d’esprit et entraide priment au sein des résidences. Venez ajouter votre bonne humeur et votre touche personnelle au sein de la résidence. Les chambres proposées mesurent entre 12m² et plus de 25m², à 171,80€ par mois et par personne. L’eau, l’électricité et le chauffage sont compris. Votre dossier : pièce d’identité – justificatif de domicile – contrat de travail – fiches de salaire – rib – photo – engagement de relogement.
Vos conditions tarifaires : 171,80€/mois – 175€ frais de dossier – 400€ dépôt de garantie.

Camelot Europe est gestionnaire pour le compte de propriétaires de bâtiments atypiques en attente de projets. La protection par occupation vous permet de vivre plusieurs mois dans un immeuble de bureau, une gendarmerie, un château, une gare, une école…

Vous êtes intéressé(e) mais intrigué(e) ? N’hésitez pas à nous contacter !

Vu sur le boncoin, le 24/06/2018


Camelot Europe l’agence anti-squat.

« Spécialiste européen de la gestion de locaux vacants, Camelot Europe optimise la protection et la préservation de vos biens temporairement inoccupés. Cette approche vous permet de minimiser les risques et les menaces liées à l’inoccupation du bien, tels que le vandalisme, le vol, le squat et la dépréciation tout en optimisant les revenus de vos biens vacants. »

L’entreprise Camelot Europe a été créée aux Pays-Bas en 1993, leader d’un nouveau marché florissant dans différents pays d’Europe, et présente à Marseille depuis 2016 Camelot Europe propose des « solutions de protection par occupation » (introduites dans la législation en 2009 par l’Article 101 de la Loi Molle), à l’heure actuelle l’entreprise signe principalement avec la mairie. Avec plus de 9 000 logements vacants Marseille représente un marché qui s’annonce juteux. Environ 400 personnes en France « bénéficient » de ce type d’hébergement aujourd’hui. Les candidatures sont scrupuleusement étudiées afin de sélectionner les « bons » profils.

Selon le contrat de résidence temporaire que signe les occupant.es, les locataires reconnaissent être parfaitement conscient du caractère provisoire et précaire de l’hébergement. Tout type de bâtiment vacant (école, hôpital, usine…) peut ainsi être légalement (et moyennant loyer) utilisé en échange de l’occupation payante des locaux.

Les locataires doivent également fournir un service de gardiennage et de protection (du bâtiment vacant)… Cette technique sert évidemment principalement de gagne pain aux spéculateurs immobiliers par la valorisation et l’entretien (gratuit) des lieux, et participe ainsi au flicage et à la hausse des prix de l’immobilier, tout en exploitant les résident.es.

Un “gardien” révèle les pratiques de ces agences : « Quand on a dû partir de notre première maison, on a eu des offres de l’agence de l’époque pour être relogés. On nous avait proposé un grand appartement […] L’agence nous a proposé de rester environ trois semaines, […] pour améliorer l’espace avant de revendre l’appartement. Ils nous ont dit : “Vous pouvez occuper cet appartement mais vous devez le nettoyer intégralement, le rendre plus agréable, vivable.” […] Et puis, ils ont ajouté : “Quand le contrat sera fini, nous avons d’autres maisons à vous proposer.” Évidemment, c’était basé sur le même principe. » [1]

Il est selon les contrats interdit d’inviter plus de deux personnes sans demander l’autorisation, de partir plus de trois jours sans prévenir, d’avoir des enfants, [2], de fumer, avoir des animaux, de s’approprier le logement (sic !), et de parler aux journalistes sans autorisation… des inspections bimensuelles non-annoncées sont également mise en place .

L’entreprise flatte aussi la population bobo en proposant la création de lieux éphémères (ateliers d’artiste, co-working etc) et propose également de signaler les logements vacants par le biais de son site internet.

Les services de gardiennage pour éviter le squat sont déjà présents dans de nombreux pays notamment en Espagne. De la même manière les conventions d’occupation sont de plus en plus nombreuses pour les squater.euses acceptant ce type de contractualisation légaliste. On imagine bien les conséquences pour tous.tes les autres, et la main mise de la mairie ou du proprio sur ce type de lieu. Cette opération passe ici par le biais d’une entreprise gestionnaire d’occupations précaires, mais l’objectif est toujours le même, que la propriété soit toujours respectée et que l’ordre règne.

L’occupation « absorbée » par la légalité devient ainsi contrôlable et permet de fixer un cadre pour « l’usage » des logements vacants, il s’agit ici en somme de faire du beurre sur la précarité et transformer les occupant.es en gardien.nes d’immeuble précaires et souvent insalubres pour mieux empêcher le squat.

En 2013, une personne est décédée électrocutée sous la douche suite aux défaillances des installations d’une maison gérée par Camelot, cette dernière avait été déclarée inhabitable [3] à cause d’un système électrique défaillant mais les travaux n’avait pas été réalisés.

Reformulé de la presse mainstream

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P.-S.

Repris depuis Article13.


Notes

[2Il est donc possible dans les faits d’expulser une personne enceinte pour éviter d’avoir un enfant sur place par la suite par exemple

[3Les normes de sécurité sont très souvent un moyen de justifier l’expulsion de squats dit « illégaux » … dans le cas des occupations/habitations précaires à priori certaines règles ne sont pas toujours respectées comme ici – si l’agence à le devoir d’informer le propriétaire des travaux à effectuer, le propriétaire décide des travaux qu’il entreprendra ou non, toujours en fonction du coût.
Source : voir note 1.


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