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Pas de flics dans nos cortèges

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Suite à la provocation du VIGI, un syndicat policier ayant appelé à infiltrer la manifestation du 12 septembre, des lycéen-nes parisien-nes déterminé-es à ne pas céder se sont rassemblé et ont décidé de leur répondre.

Le VIGI, syndicat policier, appelle ses adhérent-es à prendre la tête de la manifestation du 12 septembre afin d’intervenir par tous les moyens dont ils disposent pour interpeller celles et ceux qui commettraient des infractions. Le ridicule ne tue pas, le VIGI en use allègrement en appelant à infiltrer un cortège lycéen. Mais aussi comique que puisse être cet appel, ces « policiers progressistes » (sic) se prennent au sérieux et entendent bien jouer les justicier-es au secours des honnêtes gens. Reprenons donc.

Qu’est-ce que le VIGI ? Il s’agit du nouveau nom, depuis juin dernier, de la CGT police. Un syndicat qui prétend rassembler les policier-es « de gauche » (ou presque), mais qui n’a pas hésité, par exemple, à appeler à se rassembler le 18 mai 2016 sur la place de la République contre la « haine anti-flics », aux côtés de grandes figures de la droite dure et de la droite extrême (Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard notamment). Un syndicat dont certains communiqués avaient également été largement repris par les sites d’extrême-droite « Égalité et Réconciliation » (site d’Alain Soral) et « Quenel + » (site de Dieudonné). Un syndicat, plus récemment, qui relaye sur son compte Twitter le vulgaire youtuber d’extrême-droite « Raptor Dissident » (proche d’Alain Soral). Nous nous contenterons de ces quelques exemples, qui permettent de cerner un peu plus ce syndicat si « progressiste ».

Les présentations étant faites, reprenons leur communiqué, dans lequel le VIGI pose deux objectifs rigoureusement contradictoires avec l’esprit même de l’ensemble des manifestations depuis le printemps 2016. Premièrement, la défense de leurs collègues en service. Fidèle au corporatisme qui règne dans une institution policière que certain-es comparent, pour cette raison, à une véritable mafia, le VIGI n’hésitera pas à briser un mouvement social au nom de l’esprit de corps. La CGT police, à son époque, avait déjà fermement condamné certaines affiches d’autres syndicats affiliés à la CGT parce que ceux-ci avaient simplement osé dénoncer le déferlement de violence policière lors des manifestations contre la loi travail. Le VIGI n’est pas un syndicat de transformation sociale, ni même de réforme sociale, mais un instrument au service d’une corporation qu’il s’agit, pour ses membres, de défendre coûte que coûte.

Deuxième objectif, la défense des manifestant-es contre « les délinquants et les criminels infiltrés ». Complètement dépassé par les rencontres, les discussions et les débats qui ont pu avoir lieu au sein des structures militantes, le VIGI est resté coincé quelques années en arrière, distinguant les « bons » des « mauvais » manifestant-es. Distinction dont on sait aujourd’hui qu’elle est caduque et qu’elle n’est qu’une stratégie du pouvoir politique pour briser toute contestation sociale. Le syndicat policier, usant sciemment de ces catégories morales du « gentil » et du « méchant », se place de facto dans le camp du pouvoir, pas dans le nôtre.

Pour finir, c’est sans doute là le plus comique, nos nouveaux « camarades » autoproclamés ne font aucune mention des violences et des crimes policiers de ces dernières années, que cela soit lors du mouvement contre la loi travail, ou des crimes policiers qui ont pu toucher Adama, Théo, Liu Shaoyo, Curtis et bien d’autres. En 2016, la police frappait, gazait et mutilait les manifestant-es ; aujourd’hui elle prétend les défendre. Cette blague a assez duré : le VIGI n’est pas le bienvenu. Et il le sait. En appelant à infiltrer le cortège lycéen « quitte à se faire massacrer » (comme il le dit lui-même), le VIGI assume qu’il viendra en hostilité, et non pour manifester – en plus de feindre une posture de victime (comme si des lycéen-nes avaient la capacité de « massacrer » des policier-es).

Ce syndicat, à l’extrême opposée de ce que nous portons collectivement, appelle donc à rejoindre la tête de la manifestation qui consiste, rappelons-le, en un cortège lycéen, afin de semer le trouble dans nos rangs et de briser une contestation sociale plus que nécessaire. Mais personne n’est dupe. Ces individus qui entendent infiltrer le cortège lycéen seront accueillis de manière hostile par tout le monde, y compris les plus pacifistes des manifestant-es. Parce qu’ils sont le garants d’un ordre social qui court à sa perte, aucun flic n’est le bienvenu dans nos cortèges ou dans nos manifestations : leur présence ne réjouit personne. Que les flics infiltrent nos cortèges, ils seront immédiatement repoussés : c’est cela, défendre une manifestation.

Comité d’action inter-lycéen


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