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Occupation du Ministère de l’Intérieur de Bogotá par les organisations sociales colombiennes depuis le 8 mars

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Depuis le 8 mars 2017, la délégation du Sommet Agraire Ethnique et populaire auteur des dernières grandes mobilisations, occupe les bureaux du Ministère de l’Interieur à Bogotá exigeant que le gouvernement reconnaisse l’existence du paramilitarisme et agisse immédiatement pour stopper l’avalanche d’assassinats sur les membres du mouvement social. Un appel à soutien est lancé au niveau international.

Alors que les assassinats pleuvent sur le mouvement social, certains membres ont décidé de contre-attaquer en occupant rien d’autre que le ministère de l’Intérieur pour visibiliser la situation et tirer la sonnette d’alarme tant au niveau colombien qu’international.

Pour appeler l’ambassade de la Colombie en France et apporter ainsi un soutien international aux personnes qui occupent les locaux du ministère : 22 Rue de l’Elysée 01 42 65 46 08 efrancia@cancilleria.gov.co et le consulat (si l’ambassade ne répond pas 12 Rue de Berri 01 53 93 91 91).

Voici une très courte vidéo soustitrée (il faut cliquer sur un logo en bas à droite de l’écran)

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et leur communiqué de presse :
Note de la traductrice : en Colombie lorsqu’on parle de « défenseurs et défenseuses de droits humains », on entend par là des genTEs qui luttent pour leurs communautés contre les compagnies puissantes transnationales de pétrole ou d’or..., contre des propriétaires terriens se croyant encore au XVIIe siècle, contre les crimes d’État et des paramilitaires (milices d’extrême droite), des genTEs qui ne sont pas dans la lutte armée mais considéréEs comme « terroristes ». Illes ne correspondent pas aux non-violentEs connuEs en fRance.

Devant le manque de garantie en matière de droits humains, le non-respect des accords et le manque de disposition pour la négociation de la part du gouvernement national, nous qui formons la Cumbre Agraria Etnica y Popular (regroupant les mouvements sociaux de Colombie), voyons la nécessité de nous déclarer en session permanente au ministère de l’Intérieur depuis aujourd’hui et de manière indéfinie. Nous réclamons que le ministre de l’Intérieur Juan Fernando Cristo en sa qualité de coordinateur de la table ronde ; le ministre Aurelio Irragorri comme chef du cabinet de l’Agriculture et du développement rural ; le ministre de Hacienda Mauricio Cardénas ; le ministre de l’extraction minière et de l’énergie et le procureur général de la nation Fernando Carillo Flórez et le juge général de la nation Néstor Humberto Martínez soient présents au siège du ministère de l’Intérieur et prêtent attention à nos exigences.

Aujourd’hui, 8 mars en ce jour international des femmes, nous dénonçons l’attaque contre la vie, l’intégrité et la sécurité des membres des différentes organisations sociales, des communautés et de la Cumbre Agraria. C’est pourquoi nous exigeons que l’État colombien stoppe les assassinats sytématiques des défenseurs et défenseuses des droits humains des communautés paysannes, afrodescendantes et indigènes car seulement dans l’année 2016 120 assassinats furent perpétrés, et depuis 2017 on compte 30 assassinats dont 6 femmes.

Nous refusons les féminicides de nos compagnes, mères, sœurs, grand-mères défenseuses des droits humains et leaders sociales qui continuent à être victimes des acteurs armés et de persécution, de la stigmatisation et de signalements de la part de l’État et du paramilitarisme. Et même en ce moment, dans le cadre de la mise en œuvre des accords de paix avec les FARC-EP et le récent début de dialogue avec l’ELN.

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Il faut rappeler que depuis 2013 la Cumbre Agraria donne au gouvernement national, à travers le document « les obligations pour bien vivre », une série de propositions et une feuille de route pour solutionner les problématiques rencontrées dans les campagnes colombiennes en ce qui concerne les droits humains, l’économie à échelle locale, les conflits de terres et de territoires, les garanties pour la vie et la participation à l’élaboration des politiques publiques pour améliorer les conditions de permanence dans les zones rurales. Pourtant les avancées ont été minimes.

Nous espérons que le gouvernement national va saisir cette opportunité pour répondre à nos exigences. »

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Eléments de contexte

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Alors que des fronts des FARC-EP se préparent à quitter définitivement leurs campements pour rejoindre les zones transitionnelles qu’ils ne pourront quitter que désarmés selon les accords de paix, les paramilitaires d’extrême droite continuent à assassiner quotidiennement des membres des mouvements sociaux, laissant présager un avenir funeste aux démobiliséEs (comme cela s’est déjà produit après un autre accord de paix il y a 35 ans). Cependant, au-delà des membres des FARC-EP et probablement bientôt peut-être de l’ELN, c’est toute personne qui ne baisse pas l’échine devant les compagnies extractivistes et les spoliations de terre qui est cibléE.

Pour plus d’explications sur la Colombie, les accords de paix précédents, les groupes armés (guérillas et paramilitaires), son histoire géopolitique de manière succincte :

- lire une brochure pour comprendre par des témoignages et des encadrés le contexte politique, historique et économique Paroles de ColombienNEs
- lire une brochure du collectif BEJUCO sur la libération de la terre et ses enjeux :

PDF - 5.4 Mo


- voir des vidéos soustitrées en français

P.-S.

Pour plus d’infos : paila@riseup.net


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