Les sapins de noël, on les préfère flambés

[Suivi] Deux mois que ça chauffe à Marseille, deux mois que la ville se soulève contre la municipalité, l’État, leurs flics et leur monde. De la lutte contre l’habitat insalubre et la gentrification aux mouvements des gilets jaunes et des lycéens, tentative de suivi des luttes.

Depuis la répression de la Marche de la Colère, le 14 novembre, Marseille se soulève chaque semaine. Appel aux masse(s) le 24, Marche pour le droit à un logement digne pour tou.te.s le 1er, manif lycéenne le 6, manifs des gilets jaunes et pour l’habitat le 8, manif lycéenne 11...

  • « Les sapins en feu, la mairie au milieu ! »

    Esprit de noël oblige, la mairie du 1/7 a orné de sapins de noël les panneaux de bois qui recouvrent ses vitres cassées le 8 décembre. Esprit d’émeute oblige, ils ont été promptement enflammés par un.e artiste malicieuxse.

  • Solidarités internationale avec Noailles et la Plaine

    Depuis la manif NoTAV à Turin le 8 décembre
    Quartier de Lavapies à Madrid
  • Tout le monde déteste Vinci !

    Toujours détèr au péage de la Ciotat, où la sortie a été fermée mardi soir « en raison d’un feu de palettes et de pneus qui se propage à la structure du péage ». Vinci réclamait déjà 4 millions d’euros en dommage et intérêt pour l’action du 24 novembre...

    Au Rousset, le blocage des plateforme logistiques de la grande distribution s’est poursuivi lundi et mardi. Des actions de barrages filtrant continuent à Fos depuis lundi. Filtrage et péage gratuit à Bandol, Sanary, La Ciotat et la Barque. Les deux premiers ont été attaqués par les flics mardi soir, le dernier a été évacué ce matin.

    À Aix, c’est le centre des impôts qui a été bloqué par les gilets jaunes mardi. Iels ont été délogé par les flics aujourd’hui, qui en ont placé 6 en GAV.

    Infos glanées de la Provence, plus de détails bienvenus !

  • L’UD CGT 13 appelle à la grève et à des rassemblements

    L’Union Départementale des Bouches du Rhône de la CGT devance l’appel national du 14 en appelant à la grève le jeudi 13, et à un rassemblement « afin de lutter contre la vie chère et pour l’augmentation des salaires » à 11h Place Sadi Carnot.

    Pour l’appel national du vendredi, le départ se fera place du Général de Gaulle à 11h. Une manifestation lycéenne est appelée même lieu même heure.

  • La pyromanie gagne le barreau

    Selon la Provence, 200 à 300 avocat.es ont manifesté ce matin du Palais de justice à la Préfecture contre le projet de réforme de la justice. Iels ont brûlé des exemplaires du Code civil.

    Alors que les poubelles se font rare à Marseille après ces semaines émeutières, on ne peut que saluer leur modeste contribution au brasier... Solidarité oblige, prix libre pour les personnes inculpées de« participation à attroupement en vue de commettre dégradations, actions violentes, etc. » ?

  • Manifestation lycéenne vendredi 14

    La Coordination lycéenne de Marseille appelle à une manifestation le vendredi 14 décembre à 11h, au départ de la place du Général de Gaulle.

    Communiqué
  • Un hôtel des luttes pour lutter contre le mal-logement ouvert et expulsé

    L’ancien Espace Culture a été occupé ce week-end pour lutter contre le mal-logement et reloger les sinistrés de Marseille puis évacué par la police ce mardi 11/12.

    Lire la suite ici.

  • Les lycéen.nes continuent à mettre la pression !

    La détermination des lycéen.nes n’est pas entamée, iels bloquent toute la semaine les lycées de Marseille. Rejoint par les étudiant.es de la fac St Charles, iels étaient entre 2000 et 4000 à manifester au départ des Réformés jusqu’à l’inspection académique.

    Leurs revendications :

    • Contre la réforme de la voie professionnelle
    • Contre le Service National Universel
    • Contre Parcoursup et la sélection
    • Contre la réforme du bac
    • Pour l’augmentation des bourses
    • Pour la création de places en fac
    • Pour des classes moins chargées

Cette mobilisation sans précédent fait aussi l’objet d’une répression brutale : le 2 décembre, Zineb Redouane est morte des suites d’un tir de grenade lacrymogène la veille ; des dizaines de personnes ont été blessées par des tirs de flashballs et des charges de la police, des dizaines d’autres arrêtées et jugées de manière extrêmement lourde par ce pouvoir qui prend peur. Pour faire face à la répression, voici trois collectifs que vous pouvez contacter :

Don en ligne à la Caisse de solidarité pour les inculpé.es
  • Si vous êtes témoin d’une arrestation, ou si vous êtes sous le coup de poursuites judiciaires suite au mouvement, contactez la Legal Team.
    07.53.24.35.31
    legalteam-marseille@riseup.net
  • Si vous avez été blessé en manif, ou témoin de blessures, ou si vous désirez vous former aux premiers secours dans un contexte de manif, contactez la Street Medic.
    streetmedic13@riseup.net
    Page Facebook : Marseille Street Medic
  • Pour les témoignages de violences policières, et plainte en démarche collective, contactez la commission sur les violences policières.
    marche.colere@gmail.com

Lundi, Gaudin exerce son « droit de retrait »

Le collectif du 5 novembre : Noailles en Colère avait appelé à se rassembler devant l’Hôtel de Ville le lundi 10 décembre à 8h à l’occasion du conseil municipal, le premier à se tenir depuis les effondrements de la rue d’Aubagne. Derrière une marche funèbre, des centaines de personnes s’y sont dirigées en cortège pour revendiquer l’accès à un logement digne.

Jean-Claude Gaudin, désormais bien décidé à prendre la problématique du logement insalubre à bras le corps avait décidé la veille... d’annuler la séance duconseil ! Pas rassuré le Gaudin, c’est comme s’il n’avait pas la conscience tranquille. Pendant ce temps sa clique appelle à la violence et à la délation : Gérard Chenoz (directeur de la Soléam) appelle à « casser les casseurs », et Brigitte Morosof-Pietri, conseillère municipale et médecin-urgentiste à la Timone menace de balancer les noms et les âges des manifestant.es qui sont venus s’y faire soigner samedi.

Requalification de la Soléam !

Le vendredi, c’était Renaud Muselier (LR), président de la région PACA, qui avait organisé un rassemblement à la Porte d’Aix « pour manifester [leur] attachement à la République »

Pas de discours, mais la lecture d’une “déclaration de Marseille” par des lycéens choisis pour incarner “les enfants de la République“, appelant à “sauver la République” qui serait “en danger”. Sous le regard interloqué des passants de ce quartier populaire et à quelques centaines de mètres du lycée Victor-Hugo entièrement bloqué aujourd’hui, des responsables politiques locaux, élus municipaux et régionaux dont Laure-Agnès Caradec, Gérard Chenoz ou encore Bruno Gilles, ont ensuite chanté la Marseillaise main dans la main. Parmi la petite centaine de personnes présentes, beaucoup de journalistes et de forces de l’ordre.
Marsactu

Autrement dit, iels sont complètement à côté de la plaque ces pauvres élu.es !

Le week-end du 1er décembre, ou le monopole de la violence illégitime

La fin de semaine a commencé par un hommage à Zineb Redouane, tuée par la police. Des centaines de personnes se sont rassemblées sur la Canebière le vendredi 30 novembre au soir, devant son appartement à la fenêtre duquel elle a été touché à la tête par un tir de grenade lacrymogène. La veille à la Belle de Mai, la police national avait multipliée les tirs tendus à hauteur de tête de ces même grenades en direction des lycéens, et un pharmacien avait lui aussi été touché à la tête par un rebond de grenade.

Samedi, la journée a été ponctuée d’affrontements. Pour le coup la Préfecture avait sorti les grands moyens, voulant éviter une répétition du samedi précédent. Des robocops partout, au moins une centaine de bacqueux, 2 blindés sur la Canebière ! Malgré le dispositif l’émeute s’empare de tout le centre-ville, du Vieux-Port aux Cinq-Avenues, en passant par Noailles, Belsunce et le Réformés. 50 personnes sont interpellées, un rassemblement de soutien à lieu le dimanche au soir devant le commissariat de Noailles.

Lundi, 24 personnes sont passées en comparution immédiate. Bilan : 1 personne prend 6 mois ferme (pour un fumi !), 6 sont placées en détentions provisoire et 7 sous contrôle judiciaire jusqu’à leur procès, 2 prennent respectivement 8 et 6 mois ferme aménageable, 3 entre 3 et 6 mois de sursis, 1 des jours amendes, et 3 sont relaxées.

La semaine passée en vrac

Dans les lycées

Autour de Marseille

Le 1er décembre

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